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Extrait de l'hebdo n°4003
Le groupe Wienerberger engage une restructuration industrielle en France avec la fermeture du site de Durtal et des suppressions de postes à Lasbordes. Cette décision est vivement contestée par la CFDT.

Le groupe autrichien Wienerberger, leader mondial des solutions en terre cuite pour le bâtiment, annonçait à la fin novembre 2025 un projet de réorganisation de ses activités industrielles prévoyant la fermeture du site de production de Durtal (Maine-et-Loire) ainsi que l’arrêt d’une ligne de production à Lasbordes (Aude). Au total, une cinquantaine de postes pourraient être supprimés dans le cadre d’un PSE1 en cours de négociation. Le groupe compte plus de 20 000 salariés dans le monde, dont environ 2 500 en France.
Une optimisation des marges au détriment de l’emploi
« Malheureusement, c’est un cas d’école, déplore Nicolas Charrier, secrétaire national de la CFDT Construction et Bois. Le groupe cherche à concentrer ses activités sur les sites les plus performants afin de préserver ses marges, au détriment de l’emploi et des territoires. Il a pourtant bénéficié de financements publics, ces dernières années, notamment via le dispositif de l’APLD2 en 2025. »
Pour justifier ce PSE, la direction de Wienerberger met en avant deux facteurs principaux : la forte baisse de la construction neuve, qui pèse sur l’activité briques, et la nécessité d’adapter l’activité structure aux exigences environnementales et aux objectifs de décarbonation des sites industriels, indique la CFDT FNCB dans un communiqué. « Ce qui choque, c’est qu’un groupe de cette envergure a les moyens d’absorber un ralentissement conjoncturel, poursuit Nicolas Charrier. D’autant plus que les derniers indicateurs laissent entrevoir une reprise en 2026. Quant à l’argument réglementaire, il aurait dû être anticipé. »
Prochaine mobilisation le 7 avril
Sur le terrain, les militants CFDT, bien que minoritaires, se mobilisent. Ils ont manifesté le 17 mars devant le siège de Wienerberger France à Suresnes (Hauts-de-Seine) et dénoncent notamment un déséquilibre dans les mesures proposées. « Le budget consacré à la formation est surdimensionné par rapport aux besoins », affirme Éric Péglion, délégué syndical CFDT du site de Durtal. « La direction sait qu’il ne sera pas entièrement utilisé. En même temps, elle réduit les mesures supralégales accordées aux salariés », ajoute-t-il, annonçant une nouvelle mobilisation le 7 avril.
« On a réussi à obtenir 15 000 euros pour une formation, 18 000 euros pour une RQTH3. On a fait une demande de 5 000 euros supplémentaires par personne qui seraient versés dans un pot commun. Et on négocie aussi la durée du congé de formation. Il faut laisser l’opportunité de se reconvertir à ceux qui le veulent. C’est notre travail que d’essayer de sauver les emplois, explique Marc Averseng, délégué syndical central CFDT de Wienerberger. Concernant le supralégal, c’est vrai, on est déçu. On aurait voulu obtenir la même chose qu’à Flines-lez-Raches [Nord]. »
“Plus personne ne souhaite rester, les salariés sont écœurés”
Les militants CFDT pensent que des solutions de reclassement pourraient être trouvées pour les salariés de Lasbordes ; la situation est en revanche plus complexe à Durtal. « La première usine du groupe se trouve à plus de 350 kilomètres. De toute façon, plus personne ne souhaite rester, les salariés sont écœurés. Les risques psychosociaux sont très élevés depuis des années. Les négociations annuelles obligatoires se tiennent en parallèle du PSE. Sans compter que le groupe a tout fait pour plomber les résultats du site », dénonce Éric Péglion. Déterminé, il conclut : « Il est hors de question de baisser les bras ! C’est le message que j’adresse aux salariés : nous ne lâcherons rien. »