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Violences sexistes et sexuelles : il est temps de passer du constat à l’action abonné

Prévention du sexisme, accompagnement des victimes : les équipes syndicales s’emparent de ces sujets trop longtemps ignorés. Cette démarche volontariste implique formation et sensibilisation à tous les niveaux.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 13/03/2019 à 13h25

Deux ans après la déflagration #MeToo, les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) sont toujours d’actualité. Ce sujet, la CFDT a décidé de l’investir pleinement. Côté juridique, la loi Avenir professionnel impose la présence de deux référents sur les violences sexistes et sexuelles, l’un désigné parmi les élus du comité social et économique (CSE), l’autre par la direction des ressources humaines dans les entreprises de plus de 250 salariés. Dans la fonction publique, l’accord sur l’égalité professionnelle de décembre 2018 rend obligatoire, par la négociation ou la concertation, la mise en place d’un plan d’égalité professionnelle prévoyant un dispositif de signalement des violences sexuelles. Mais pour que ces mesures soient effectives, les élus doivent se familiariser avec le sujet. « Les référents du CSE doivent impérativement être formés, insiste la secrétaire nationale Béatrice Lestic. La CFDT a créé avec l’Association contre les violences faites aux femmes [AVFT] un module de formation d’une journée et un guide pratique qui font référence. »

Deux cent cinquante militants bretons formés

L’union régionale de Bretagne a fait de cette formation une priorité. En juillet, l’URI gagnait un appel à projet sur le thème de la prévention des violences lancé par le secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes. « Nous avons conventionné avec l’AVFT, qui nous a apporté son expertise. Par ailleurs, Dominique Marchal, déléguée femmes confédérale, a formé une dizaine de responsables CFDT afin qu’ils animent des sessions de sensibilisation des militants à l’aide du micromodule confédéral sur les VSST », explique Karine Foucher, pilote du projet.

À ce jour, plus de 250 militants ont suivi cette session, à commencer par tous les membres du bureau régional, puis les militants des unions départementales et des syndicats. Les sollicitations se multiplient. Les syndicats Construction-Bois et Santé-Sociaux sont très motivés par le projet. « Les professionnels de la santé vivent un rapport au corps spécifique, qui induit des situations à risque », constate Karine. La direction de l’hôpital de Saint-Malo l’a contactée afin de mettre en place un plan de prévention et d’accompagnement avec la section CFDT. « La sensibilisation au sexisme et aux violences se diffuse à tous les niveaux, se félicite Karine. Les préventeurs et médecins du travail du comité régional d’orientation des conditions de travail [Croct], où nous siégeons, sont attentifs à l’avancée de nos projets. » L’étape suivante sera de constituer un réseau régional en partenariat avec les associations compétentes sur le sujet, les centres d’information sur les droits des femmes et des avocats, afin d’assurer un accompagnement intégral des victimes. « Il faut démystifier le sujet, souligne Karine. Et si l’on ne se sent pas capable d’accompagner une victime, il suffit de savoir vers qui l’orienter. »

Un avis partagé par Annick Ingert, du Syndicat Interco des services publics parisiens. Là, tout s’est accéléré depuis l’affaire Weinstein. En deux ans, la mise en place par le CHSCT d’un groupe de travail piloté par une psychologue du travail a permis de constituer une équipe formée,…

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