“Une ville, trois fonctions publiques”, l’opération élections de la Bourgogne-Franche-Comté

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iconeExtrait de l’hebdo n°3808

L’Union régionale promeut auprès de ses syndicats une démarche interprofessionnelle pour faire campagne auprès des agents des fonctions publiques. Exemple à Decize, dans la Nièvre, où le Sgen-CFDT et les syndicats Interco et Santé-Sociaux se sont retrouvés pour mener une journée d’action.

Par Fabrice Dedieu— Publié le 25/01/2022 à 13h00

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Le 8 décembre 2022 – jour où se tiendront les prochaines élections professionnelles dans la fonction publique – peut sembler loin. Pourtant, la campagne a déjà commencé. En Bourgogne-Franche-Comté, où la CFDT est arrivée première dans les fonctions publiques aux élections de 2018 (27,4 % des suffrages), les prises de contact avec les électeurs-agents ont été organisées durant les derniers mois de l’année 2021, dans de nombreux endroits du territoire régional, comme à Decize, dans la Nièvre.

En ce 23 novembre 2021, les équipes locales du Sgen-CFDT et des syndicats Interco et Santé-Sociaux ont uni leurs forces pour aller à la rencontre d’un maximum d’agents issus des trois fonctions publiques, l’hospitalière, la territoriale et celle de l’État. « À Decize, la CFDT n’est pas implantée de la même façon sur les trois versants de la fonction publique, c’est important d’être là. On peut tous gagner des voix », affirme Christine Perret, issue du syndicat Santé-Sociaux, référente à l’Union territoriale interprofessionnelle (UTI) de Nevers et chargée des élections dans la fonction publique.

Au contact des agents

Le programme de leur journée d’action est chargé. Et débute par un tractage devant l’entrée des services techniques de la commune. Puis les huit militants installent le camion de l’Union régionale interprofessionnelle (URI) de Bourgogne-Franche-Comté sur la place principale de la petite ville nivernaise, devant la mairie. Fanion, musique, documentation et café permettant de se réchauffer : une action de visibilité « pour cibler aussi tout le monde, les fonctionnaires comme les non-fonctionnaires. C’est un essai, on verra si ça marche », souligne Christine Perret. En cette fin d’année 2021, il s’agit de tester plusieurs types d’actions, retenir les plus pertinentes et les renouveler en 2022, quand la campagne battra son plein. En attendant, cette « base » permet aux militants de rayonner sur la commune.

Claudine Gaulon, secrétaire adjointe du Syndicat Interco 58, en profite pour arpenter les couloirs de la mairie : « On a eu l’autorisation d’aller au contact des agents. » Une discussion avec la DRH a d’ailleurs pu être possible. Plus tard dans la journée, elle ira à la rencontre des agents d’une école maternelle de Decize avec Caroline Brisedoux, du Sgen-CFDT Bourgogne. Claudine s’entretiendra avec les agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles (Atsem) tandis que Caroline ira à la rencontre des enseignantes, qui ont des questions concernant le départ à la retraite. Les militants ont prévu de finir la journée devant l’hôpital local, et tenter d’y capter un maximum de fonctionnaires hospitaliers au moment de la relève.

Un dispositif régional

Ce travail entre les syndicats locaux à faire cause commune repose sur un dispositif porté par l’Union régionale interprofessionnelle (URI) de Bourgogne-Franche-Comté. Son nom : « Une ville, trois fonctions publiques ». À l’origine, ce projet a été lancé de façon expérimentale par Sabine Tort, chargée de mission à l’URI, en 2017, dans la perspective des élections de 2018. À l’époque, seules deux UTI ont testé le dispositif, avec des résultats encourageants. Toutefois, il restait difficile de faire adhérer à la démarche : « Les syndicats ne comprenaient pas trop l’intérêt de mener des actions ensemble », se souvient la chargée de mission.

« Une ville, trois fonctions publiques » n’avait cependant pas dit son dernier mot. L’URI a décidé de le relancer en vue des élections de 2022 et de le proposer aux syndicats. Car avec les tableaux de ciblage, ils peuvent se rendre compte de leurs intérêts communs dans les territoires, pour faire progresser leurs scores. Le dispositif régional trouve donc toute sa place dans le plan stratégique 2020-2023.

Après une phase de réunions dans toute la région, animées par Sabine Tort, les UTI ont été invitées à rédiger leurs projets d’action avec leurs syndicats, assortis d’un budget prévisionnel, et à signer ensuite une convention avec l’URI. « Pour apporter de la cohérence, du savoir-faire ensemble dans l’interprofessionnel et donner du sens à notre action CFDT, l’URI BFC incitera, soutiendra et coordonnera, au travers de cette convention, un ensemble d’actions innovantes de proximité, de rencontres et contacts avec les agents, dont les enjeux seront ceux de la représentativité et du développement de la CFDT », peut-on lire dans le document.

Rendre la CFDT visible

À propos de l'auteur

Fabrice Dedieu
Journaliste

Cette fois-ci, les syndicats ont répondu présents, et de nombreuses actions ont déjà vu le jour – comme ici, dans la Nièvre. « La mayonnaise a pris », se réjouit Laurence Pauchard, responsable de l’UTI de Nevers. D’autres actions sont prévues en 2022 : pendant le premier semestre, le principal est d’accroître la visibilité de la CFDT et de cibler les villes où il y a des enjeux électoraux ; puis, à partir de septembre, le temps le plus dur de la campagne, en ciblant davantage les grandes villes. « Dans plusieurs territoires, beaucoup de syndicats, Sgen-CFDT, Communication-Conseil-Culture, Interco, Santé-Sociaux, se sont investis. Certains syndicats qui ont peu de temps ou peu de militants se sont rendu compte de l’intérêt du dispositif, souligne Sabine Tort. Plus la CFDT sera visible partout, plus elle sera attractive ! »

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