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Une CFDT tout-terrain chez Compass

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iconeExtrait de l’hebdo n°3763

Depuis treize ans, la CFDT est première organisation syndicale dans le grand groupe de restauration collective. Ce résultat ne doit rien au hasard, tant l’équipe arpente le terrain à l’écoute des salariés.

Par Didier Blain— Publié le 29/01/2021 à 16h06

Les différentes équipes CFDT du groupe Compass peuvent se targuer d’être très à l’écoute des salariés, vu le niveau d’accompagnant et de défense qu’elles leur offrent.
Les différentes équipes CFDT du groupe Compass peuvent se targuer d’être très à l’écoute des salariés, vu le niveau d’accompagnant et de défense qu’elles leur offrent.© DR

1. Compass est composé de trois entités : Eurest (restauration pour les entreprises, 7 644 salariés), Scolarest (restauration scolaire, 2 632 salariés) et Medirest (restauration en milieu hospitalier, 2 724 salariés).

Service, service, service ! C’est le leitmotiv de l’équipe CFDT de Compass1, groupe spécialisé dans la restauration collective qui emploie 13 000 salariés en France. « Nous sommes sur le terrain auprès des salariés de 7 à 20 heures, et parfois plus tard. C’est là qu’on gagne leur confiance et les élections », résume Laurent Dubosc, l’un des délégués syndicaux nationaux (DSN) CFDT du groupe.

La CFDT toujours en tête

Cette antienne qui tient lieu de politique syndicale porte ses fruits depuis treize années. Qu’on en juge : la CFDT est première organisation syndicale depuis 2007, sans discontinuer. Et si son score s’est un peu érodé, passant de près de 30 % en 2007 à 21,25 % en 2019, elle le doit à l’arrivée de nouveaux et pléthoriques concurrents (ils sont six désormais) et à la réorganisation du groupe en trois entités distinctes depuis le passage au comité social et économique (CSE).

Les résultats sont particulièrement bons chez Scolarest (société de restauration en établissements scolaires) avec 44,84 % et chez les cadres, où la CFDT rivalise avec la CFE-CGC. « Je passe beaucoup de temps à écouter les cadres au siège, à Châtillon [Hauts-de-Seine], à leur donner des conseils, explique Gwladys Gaffé, une autre DSN du groupe. En fait, depuis 2017, nous faisons jeu égal avec la CGC, ce qui la rend très agressive. »

Ces résultats se traduisent directement en matière de syndicalisation. La section revendique plus de 500 adhérents en région parisienne. « Ces adhésions se font de manière spontanée, observe Medhi Ouchène, élu au CSE d’Eurest. Nous défendons les salariés, nous les accompagnons, nous nous déplaçons pour être au plus près d’eux. Ils viennent ensuite, naturellement, adhérer. »

Un discours de vérité

La défense des salariés constitue le gros du travail militant dans ce groupe où le turnover est très élevé, notamment en raison de la régulière renégociation des contrats. « On ne défend pas l’indéfendable, notamment lorsque le salarié est en faute, précise Laurent Dubosc. On accompagne lucidement les salariés en leur disant les choses même lorsqu’elles ne font pas plaisir. C’est une position plus difficile mais qui n’entraîne pas de déception chez les salariés auxquels on aurait fait des promesses intenables comme le font certains de nos concurrents. Nous avons une image d’intégrité à laquelle nous tenons beaucoup. »

Une aide à la régularisation de sans-papiers

Que l’on ne s’y trompe pas, la section ne perd pas de vue son cœur de métier : l’amélioration des conditions de travail et d'emploi. Avec un site dédié, des tracts, des mails réguliers et un calendrier annuel très pratique recensant l’ensemble des droits acquis, elle tient informés ses adhérents et le cercle élargi des sympathisants des avancées obtenues, des négociations en cours et des évolutions à venir.

« Il m’est apparu très vite primordial d’aider les salariés sans papiers du groupe, ce qui correspond totalement aux valeurs portées par notre organisation. Plus d’une centaine d’entre eux ont pu être régularisés au fil du temps. »

Dominique Jardin, déléguée syndicale centrale

Cependant, elle ne se désintéresse pas des problèmes sociétaux que rencontrent certains salariés ; par exemple lorsqu’il s’agit de venir en aide aux travailleurs migrants qui appartiennent au groupe, explique Dominique Jardin, la déléguée syndicale centrale (DSC) : « Il m’est apparu très vite primordial d’aider les salariés sans papiers du groupe, ce qui correspond totalement aux valeurs portées par notre organisation. Plus d’une centaine d’entre eux ont pu être régularisés au fil du temps. » Parfois, l’équipe s’appuie sur des structures extérieures. Elle a ainsi récemment bénéficié du concours de l’association Nouvelles Voies, qui vient en aide aux salariés pour tout ce qui concerne leurs difficultés quotidiennes relatives au logement, aux courriers et relations avec les administrations… « Cela dégage du temps que nous pouvons consacrer aux problèmes liés au travail et au syndicalisme », constate Jean-Luc Gaillard, élu au CSE d’Eurest.

Trois accords pour éviter la pire des situations

À l’instar de nombreux secteurs, la restauration collective a subi de plein fouet la crise du coronavirus. Dernièrement, la direction a ouvert à la négociation trois dossiers : le télétravail, l’activité partielle de longue durée (APLD) et la rupture conventionnelle collective (RCC). Son objectif est d’obtenir le départ de 1 300 salariés.

La CFDT a négocié ferme et signé ces trois accords. La RCC a évité un PSE et permis des contreparties plus intéressantes : le rachat de trimestres (jusqu’à six) pour les salariés proches de la retraite, des transitions de fin de carrière, une mobilité interne et géographique à des conditions très avantageuses, un accompagnement personnalisé proche du domicile, des indemnités supralégales… Bref, la CFDT a de quoi rester première organisation pour longtemps !

Résultats des élections de 2019

Les élections de 2019 au comité social et économique (CSE) ont donné les résultats suivants…

• CFDT : 21,25 % ;
• CGT : 21,01 % ;
• CFTC : 16,61 % ;
• Unsa : 14,17 % ;
• FO : 13,58 % ;
• Sud : 0,66 % ;
• CFE-CGC : 12,72 % (41,32 % en catégoriel).

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