Un projet de transition professionnelle pour décrocher un diplôme

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Un élan prometteur

Face à la menace d’un PSE, Lucie Gautier, 39 ans, a pris les devants en se formant dans la logistique.

Par Jérôme Citron— Publié le 29/04/2022 à 09h00

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©REA

Enthousiaste, heureuse, confiante dans l’avenir… Lucie Gautier n’a pas encore terminé sa formation dans la logistique, mais on sent immédiatement le bien que lui ont apporté ces quelques mois en dehors de son entreprise.

Entrée à l’usine malgré un diplôme dans l’hôtellerie, cette femme dynamique a pris progressivement des responsabilités dans la boîte jusqu’à ce qu’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) la fasse réfléchir à son avenir. « C’était très dur. Je ne savais pas si j’allais être gardée. À l’époque, j’ai pris conscience que si je devais retrouver un travail, je n’avais aucun diplôme qui puisse attester de mes savoir-faire. »

Sur les conseils d’un ancien collègue, elle s’oriente alors vers un projet de transition professionnelle (PTP) (anciennement congé individuel de formation) afin de décrocher un diplôme qui lui ouvrirait de nouvelles perspectives. Entre-temps, son poste est maintenu mais l’idée a fait son chemin. Après un premier refus de financement (les métiers de la logistique étant considérés comme moins prioritaires que ceux du soin ou de l’accompagnement, lui a-t-on dit à l’époque), elle fait appel et obtient gain de cause. Son employeur, de son côté, accepte de la faire partir le temps de sa formation.

Lucie Gautier
Lucie Gautier©DR

“Un gros investissement personnel, mais une grande fierté ”

Lucie, 39 ans, préparant l'équivalent d'un bac +2 en logistique.

Tout en conservant son CDI et son salaire, Lucie devient stagiaire de la formation pendant un an. À raison de trente-cinq heures de cours par semaine et un important travail à la maison, elle prépare l’équivalent d’un bac + 2. « Un gros investissement personnel, mais une grande fierté », résume cette maman de 39 ans dont les deux enfants sont déjà grands.
« Ils font des études, je me suis dit que moi aussi je pouvais retourner à l’école. » Avec une classe de dix élèves, impossible de se cacher au fond de la salle. Même en cours d’anglais, il faut participer et dépasser sa timidité. «Cette formation m’a fait sortir de ma zone de confort, assure Lucie, tout en précisant que ça lui a fait du bien. On ne peut qu’évoluer,que progresser.»

Aujourd’hui, elle regarde les offres d’emploi autour de chez elle, en Normandie. Le fait d’avoir gardé son CDI lui ôte toute angoisse mais ne la décourage pas pour autant de chercher ailleurs.
« Je me sens prête à essayer un nouveau métier, un autre secteur d’activité. J’ai repris confiance en moi. »