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Extrait de l'hebdo n°4019
Les secrétaires généraux de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la CSI Afrique et de la Confédération européenne des syndicats (CES) ont plaidé à la tribune du 51e congrès pour la démocratie et la défense des libertés syndicales face à la montée des extrémismes. En première ligne face à l’extrême droite, l’Union italienne du travail (UIL) était également invitée à s’exprimer.

La CSI Afrique mobilisée par le problème de la dette
« Les réalités de l’Afrique ne sont pas les mêmes que celles de l’Europe. Il ne peut pas y avoir de copier-coller. Mais quand on parle de démocratie, il y a des ingrédients essentiels que l’on doit retrouver partout dans le monde », a rappelé le secrétaire général de la CSI Afrique, Joel Odigie. Dans ce continent en souffrance où nombre de pays sont paralysés par des dettes qu’ils ne peuvent rembourser, la démocratie ne peut pas se résumer à la question de l’élection. Elle doit aussi embarquer la question des conditions de travail, de santé ou de protection sociale. « La démocratie et la justice sociale sont indissociables. Nous devons avoir une stratégie globale », a-t-il insisté, en pointant l’urgence d’agir. « Face à la montée des inégalités en Afrique, les jeunes générations doutent aujourd’hui de la démocratie. Plus que jamais, nous devons nous unir pour avancer. Ensemble, notre capacité à gagner devient formidable. »

La CSI dénonce l’accaparement des richesses
« Vous avez les salutations fraternelles de 200 millions de travailleurs à travers le monde ! » Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), Luc Triangle a livré un discours extrêmement offensif à la tribune du congrès de Bordeaux. Face au recul des démocraties, il a appelé les organisations syndicales à la mobilisation. « Lorsque la démocratie recule, les inégalités progressent. Lorsque le pouvoir est concentré entre les mains d’une minorité, ce sont les travailleurs qui paient la facture. Les organisations syndicales sont les derniers contre-pouvoirs. »
Le secrétaire général a particulièrement dénoncé la concentration des richesses par une poignée de milliardaires qui ont clairement fait alliance avec l’extrême droite. « Nous savons que nous allons vivre une transition écologique et numérique. La question est de savoir qui va piloter ces transitions. Aucune transition ne sera juste sans des syndicats forts », a-t-il insisté, en annonçant que la CSI lance une campagne mondiale en faveur de la démocratie. « Une démocratie qui protège, une démocratie qui réduit les inégalités, une démocratie avec une protection sociale forte ! »
Enfin, Luc Triangle a tenu à rappeler que le mouvement syndical était avant tout une force de paix. « Il n’y a pas de paix durable sans justice sociale, il n’y a pas de justice sociale durable sans paix. Le mouvement syndical doit porter une vision fondée non pas sur la force mais sur la coopération et la solidarité. »

La CES revendique des emplois de qualité
Pour une organisation syndicale comme la CFDT, quoi de plus évident que de faire une place à l’Europe dans le cadre de son congrès ? Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Esther Lynch était tout naturellement invitée à s’exprimer devant les délégués. Elle n’a d’ailleurs pas manqué de souligner l’implication de la CFDT dans la CES depuis de longues années, évoquant même son leadership. Car c’est bien sous l’impulsion de la CFDT que la CES a adopté, lors de son congrès de Berlin (mai 2023), une « charte des valeurs » affirmant l’incompatibilité entre le syndicalisme et l’extrême droite.
Elle a également insisté sur la nécessité de revendiquer des emplois de qualité et de lutter ensemble contre la déréglementation. « Le made in Europe n’a de sens que s’il signifie que les produits sont fabriqués par des travailleurs respectés et bien rémunérés. La politique de concurrence au sein de l’Union ne doit pas conduire à une baisse des droits des travailleurs. »

L’Italie plaide pour une politique industrielle européenne
« Je remercie Marylise Léon et la CFDT, avec qui nous travaillons pour construire une Europe plus sociale. » Pierpaolo Bombardieri, secrétaire général de l’Unione Italiana del Lavoro (UIL), a rappelé les liens qui unissent les deux organisations. Avec une extrême droite déjà au pouvoir en Italie et des mouvements nationalistes qui ne cessent de croître partout en Europe, il a nettement insisté sur le besoin d’unité.
Enfin, il a plaidé pour une politique industrielle à l’échelle européenne : « Dans l’automobile, par exemple, nous ne devons pas nous contenter d’assembler les véhicules. Nous devons faire en sorte de garder la R&D et d’attirer les investissements afin de capter la valeur ajoutée. »