Uber Eats jette des milliers de livreurs dans la précarité

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iconeExtrait de l’hebdo n°3840

Par Nicolas Ballot— Publié le 06/09/2022 à 15h03

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© Ludwig Wallendorff/RÉA

« Un scandale à bas bruit qui a pris sa source en plein cœur de l’été et qui continue à se dérouler actuellement sans réaction du gouvernement. » La CFDT et Union-Indépendants ne mâchent pas leurs mots lorsqu’il s’agit de condamner les derniers agissements d’Uber Eats, qui a en quelques semaines déconnecté plus de 3 000 livreurs à vélo sans préavis ni aucune explication préalable. Conséquence : « Du jour au lendemain, ces travailleurs majoritairement précaires, qui ont assuré la livraison de repas pour des millions de concitoyens pendant les confinements successifs, ont été privés de leur activité principale. » Dans les faits, « Uber Eats jette ainsi violemment des milliers de personnes dans une extrême précarité ! ».

Pire, nombre de ces travailleurs déconnectés par Uber Eats sont des sans-papiers. Or ils n’ont d’autre choix que de travailler sous alias pour survivre. C’est pourquoi la CFDT et Union-Indépendants demandent « un réexamen de leur situation en considérant que l’activité exercée sous statut indépendant, comme pour les salariés, doit conduire aux mêmes droits » – à savoir l’obtention, à terme, d’un titre de séjour.

Le gouvernement doit agir !

Union et la CFDT, qui œuvrent depuis plusieurs années afin d’améliorer la situation des travailleurs livreurs à vélo, « demandent des explications sur les motifs de cette décision inacceptable » et insistent pour que « le gouvernement fasse la lumière sur ces déconnexions massives ». Pour cela, elles appellent l’État et l’Arpe1 à une réunion d’urgence pour traiter de cette question.