Antidiscriminations.fr, un outil pour faire valoir ses droits

temps de lecture Temps de lecture 4 min

icone Extrait de l'hebdo n°4002

Face à la persistance des discriminations à l’embauche et dans l’emploi, les militants syndicaux ont un rôle clé à jouer. À la CFDT, des formations sont organisées avec le Défenseur des droits.

Par Sabine IzardPublié le 17/03/2026 à 13h00

image
© JPL/RÉA

Les discriminations continuent de progresser en France. Femmes, jeunes, personnes en situation de handicap et personnes racisées en sont régulièrement victimes, que ce soit à l’embauche ou au cours de leur carrière (en matière de rémunération, statut, promotion…). Pourtant, peu de victimes engagent des démarches, et rares sont les personnes qui saisissent la justice ou qui contactent une association, le Défenseur des droits, un avocat.

Selon le 18ᵉ Baromètre sur la perception des discriminations dans l’emploi, publié en décembre 2025, les discriminations liées à l’origine, souvent implicites, donnent très peu lieu à des recours. Les jeunes actifs déclarent également davantage de discriminations mais entreprennent rarement des démarches, notamment par crainte de manquer de preuves ou de l’inefficacité des procédures. « Cette décorrélation entre la persistance des discriminations rapportées et le faible recours pour les faire reconnaître se doit d’être questionnée », souligne le Défenseur des droits.

Dans ce contexte, les militants CFDT peuvent jouer un rôle clé. Animateur d’un réseau confédéral sur ce sujet, Xavier Guillauma, secrétaire confédéral, le rappelle : « L’emploi reste le premier lieu de discrimination. Pourtant, les recours judiciaires sont très peu nombreux : seulement cinq à dix affaires sont traitées chaque année. Il y a donc un véritable enjeu syndical à accueillir la parole des salariés discriminés et à les accompagner au mieux dans leurs démarches. »

39 28, numéro d’appel gratuit et anonyme

Dans cette perspective, des formations sont régulièrement organisées avec le Défenseur des droits (DDD). « Il est important de mettre en relation les militants des régions et des fédérations avec le DDD afin qu’ils puissent être accompagnés sur ces questions et agir ensemble. Un salarié peut rencontrer son représentant syndical et lui exposer ses difficultés. Rien n’empêche alors, avec son accord, d’appeler le 39 28 pour le mettre en relation avec un juriste du Défenseur des droits », poursuit le secrétaire confédéral.

Depuis cinq ans, justement, la plateforme Antidiscriminations.fr « permet de s’informer, connaître et faire valoir ses droits ». Le dispositif repose sur le numéro d’appel 39 28 et sur un site internet doté d’un tchat. « Une équipe d’écoutants juristes spécialement formés répond de façon gratuite et confidentielle et assure un premier niveau d’accompagnement », précise un chargé de mission de l’institution.

Depuis la création de la plateforme, plus de 65 000 appels ont déjà été traités. La plateforme s’appuie également sur un réseau d’une centaine d’acteurs (associations, organisations syndicales…) présents sur tout le territoire national ainsi que sur les délégués du Défenseur des droits. Un annuaire en ligne permet d’orienter les personnes vers un accompagnement adapté, et des « Rendez-vous antidiscri » sont régulièrement organisés afin d’échanger avec les partenaires.

À propos de l'auteur

Sabine Izard
Journaliste

« Une partie des personnes qui contactent le Défenseur des droits veulent simplement être confirmées dans leur diagnostic. Elles ont besoin d’un espace d’accueil et d’écoute. Souvent, un simple rappel à la loi auprès de l’employeur suffit à faire évoluer les pratiques. Et, si nécessaire, le DDD peut accompagner les personnes jusqu’au bout », souligne Xavier Guillauma.