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Transports de l’agglomération de Nîmes : Construire un réseau adapté aux besoins abonné

Pour assurer le bon fonctionnement des transports urbains, la CFDT a travaillé en réseau avec tous les acteurs concernés : salariés, usagers, élus municipaux. Un exemple de démocratie participative.

Par Claire Nillus— Publié le 08/08/2019 à 07h55

Saviez-vous que la ville de Nîmes est plus étendue que Paris ? Avec 161 km2, la superficie de la préfecture du Gard, en Occitanie, dépasse celle de la capitale et ses 105 km2. Au nord et à l’ouest, la ville s’étend sur des kilomètres de collines et de garrigues. Pas moins de quinze lignes de bus les relient au centre-ville. C’est dire si Tango, le réseau de transports urbains de l’agglomération nîmoise, joue un rôle central dans la vie et la mobilité des habitants. Confié à l’opérateur Transdev depuis le 1er janvier 2019, Tango est depuis toujours un bastion CGT. Mais, depuis quatre ans, la section CFDT fait un travail remarquable, et remarqué, pour sauver les acquis des salariés face aux plans d’économie successifs demandés par l’agglomération. « Alors, maintenant, on nous consulte ! », se félicite Samir Rachdi, militant CFDT élu au comité d’entreprise (CE).

Une dégradation continue du service depuis 2014


Le travail avec les associations
Pendant la renégociation du contrat de délégation de service public, la section SNTU-CFDT de Nîmes a mis l’agglomération face à ses responsabilités : les militants ont rencontré les usagers, collecté leurs doléances et défendu dans le même temps les conditions de travail des salariés chargés de les transporter. En outre, elle a organisé des réunions avec les associations de quartier, la direction de l’entreprise, le président de l’agglomération et la préfecture pour trouver des solutions face aux incivilités, qui augmentent.

La démocratie interne
La section fait voter toutes les décisions qui seront remontées à la direction. « C’est important de respecter ce principe même si, parfois, nous avons, nous les élus, des positions différentes », fait remarquer Nasser Mohamedi, délégué syndical de la section SNTU-CFDT. Les militants ont ainsi obtenu que les adhérents participent à la vie de la section et s’impliquent davantage.

Une présence à toute heure
Dans une entreprise où les relations de travail sont atomisées – chacun dans son bus –, il faut provoquer les rencontres. Arriver plus tôt au dépôt le matin, rester plus tard le soir afin de croiser le plus grand nombre de salariés permet d’entretenir le lien. La section utilise également beaucoup la communication par SMS quand il s’agit de transmettre des informations en lien avec le métier.

Depuis 2014, l’agglo nîmoise a décidé de faire des économies sur un budget des transports qui grève ses comptes. Elle a supprimé un million de kilomètres annuel : moins de bus, des horaires moins étendus (moins de départs très tôt le matin et de dessertes tard le soir), et a exigé de Keolis, alors délégataire, qu’il revoie sa marge à la baisse. L’entreprise a obtempéré moyennant un gel des salaires et des embauches pendant quatre ans, un coup dur pour les conducteurs. Peu à peu, le service se dégrade : bus bondés, augmentation des prix des billets, explosion du nombre de fraudeurs, etc. « Cette gestion a tiré le service vers le bas. Pour nous qui sommes à la fois syndicalistes et citoyens, impossible de laisser faire ! », estiment les militants CFDT qui sont allés rencontrer directement les usagers dans des associations de quartier afin de discuter avec eux et leur donner des informations sur les réaménagements du réseau. « Les riverains ont envoyé des courriers pour expliquer leurs besoins et faire pression de leur côté ; nous faisions la même chose en multipliant les démarches et les rendez-vous avec les élus communaux dans l’espoir de rectifier le tir. Il est impensable que dans certains quartiers où des dessertes ont été supprimées, les habitants soient obligés de faire un kilomètre à pied pour rentrer chez eux, sacs de courses à la main, parce qu’il n’y a pas de commerces proches… », commente Nasser Mohamedi, délégué syndical, qui connaît bien ces quartiers excentrés.

En 2017, nouveau coup de rabot : l’agglomération, en conflit avec Keolis, décide de lancer un nouvel appel d’offres et c’est Transdev qui remporte la mise moyennant la promesse, une fois encore, de mesures d’économies. « Une aubaine pour la ville qui doit permettre de financer les travaux d’une deuxième ligne de bus en site propre, explique Nasser. Seulement, cela signifiait également la remise en cause du modèle social de l’entreprise ainsi que de nouvelles entailles sur le réseau au détriment des usagers. » Tandis que la signature du contrat avec Transdev se profile, la section s’organise : alarme sociale, préavis de grève. « Au final, nous avons limité la casse et obtenu des garanties sur le maintien des salaires, les critères de rémunération, la fréquence des bus (pas plus de vingt minutes d’attente sur certaines lignes) », résume Samir. Mais tout n’est pas gagné !

Les coupes budgétaires successives ont multiplié les tensions sur le réseau : les bus sont toujours pleins à craquer, les horaires de plus en plus inadaptés aux besoins, les agressions toujours plus fréquentes. En 2018, le réseau nîmois a dénombré plus de 250 caillassages de bus, conduisant la ville à ne plus vouloir investir sur certaines lignes jugées sensibles.

Des réunions organisées par la CFDT dans les quartiers

Pour tous, la situation est devenue ingérable. Car en cas d’agression ou de jets de pierre, le service peut être suspendu plusieurs jours (voire plusieurs mois dans les cas les plus graves), ce qui pénalise les habitants. Les…

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