Top départ de la 24e campagne saisonniers CFDT

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iconeExtrait de l’hebdo n°3827

Depuis le 4 juin, les militants sillonnent les plages, bars et autres exploitations agricoles pour informer les saisonniers sur leurs droits, mieux connaître leurs réalités et leurs besoins mais aussi valoriser les résultats obtenus dans les négociations.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 07/06/2022 à 12h00

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© InfoCom CFDT

Marquer le coup. Pour le lancement de sa 24e campagne saisonniers, la CFDT a choisi d’organiser sur tout le territoire des actions solidaires et environnementales alliant, le temps d’un week-end, développement durable et actions militantes. Les 4 et 5 juin, les unions régionales interprofessionnelles (URI) étaient mobilisées afin d’organiser des actions écoresponsables (par exemple le ramassage de déchets sur les plages), parfois en partenariat avec des associations de protection de l’environnement.

À pied, à vélo, en rosalie ou en canoë !

Le week-end de Pentecôte passé, la fin du printemps et tout l’été appartiennent désormais aux différentes structures, dont les membres arpenteront à pied, à vélo, en rosalie ou en canoé les lieux où se concentrent les travailleurs saisonniers, avec un public partiellement renouvelé.

Ces dernières années, il n’était pas rare de croiser des jeunes qui effectuaient leur troisième ou quatrième saison. Mais la crise sanitaire a largement rebattu les cartes, explique Inès Minin, secrétaire nationale. « Alors que la CFDT avait obtenu en avril 2021 la possibilité pour ces travailleurs de pouvoir bénéficier du dispositif d’activité partielle, nombre d’employeurs n’ont pas joué le jeu et refusé de confirmer les promesses d’embauche faites en contrats saisonniers. »

Le secteur de l’hôtellerie-café-restauration a ainsi perdu 10 % de sa main-d’œuvre estivale habituelle. « Aujourd’hui, les difficultés de recrutement renforcent les demandes de travailleurs saisonniers dans de nombreux secteurs, ce qui implique cette année que beaucoup de jeunes vont occuper des emplois saisonniers pour la première fois. » Il s’agit donc de les accompagner au mieux à travers des actions de proximité, grâce à des outils adaptés et des interlocuteurs à l’écoute.

Partenariats

Certaines régions ont d’ailleurs innové en nouant des partenariats. C’est le cas dans le Grand Est, où « l’URI s’est associé avec les missions locales de la région pour que les jeunes en quête d’un job d’été rencontrent des employeurs en recherche de main-d’œuvre », résument Sylvie Delanne et Carine Jacquin, responsables saisonniers de la CFDT-Grand Est.

De son côté, la CFDT-Occitanie a amorcé l’idée d’une campagne saisonniers hivernale, constatant que beaucoup de jeunes étaient devenus « saisonniers permanents », enchaînant l’été dans les milieux agricoles et l’hiver dans les stations de ski. Une commission régionale saisonniers a ainsi été créée et doit permettre un suivi au long cours de ces travailleurs.

Un levier de syndicalisation

Côté outils, l’application « Ma saison » a subi quelques modifications pour devenir plus interactive mais ont été évidemment conservés ses informations pratiques habituelles (contrat de travail, droits au chômage, compte personnel de formation…) ainsi que le calendrier numérique qui permet aux saisonniers de suivre, en temps réel, leurs heures supplémentaires.

Lancée depuis juin dernier et prolongée jusqu’à la fin de 2022, l’offre Cezam pour les jeunes (qui donne accès à des activités sociales, sportives et culturelles grâce à un réseau de 15 000 partenaires) sera gratuite pour celles et ceux qui décident d’adhérer. Un outil à destination des équipes et un levier de syndicalisation qui permettra aux jeunes de découvrir tous les avantages liés au fait d’adhérer à une organisation syndicale.

À la fin de la saison, la Confédération organisera un webinaire national lors duquel les jeunes seront invités à offrir un retour d’expérience sur leur saison – du respect du code du travail aux conditions de travail elles-mêmes. D’ici là, les équipes sont dans les starting-blocks. « Le matériel est prêt, les lieux d’action sont ciblés… et les militants surmotivés ! », se réjouit Marie Bretonnière, la déléguée jeunes confédérale.