Un combat capital

iconeExtrait de l’hebdo n°3794

Par Frédéric Sève— Publié le 12/10/2021 à 12h00

Frédéric Sève, secrétaire national
Frédéric Sève, secrétaire national© Virginie de Galzain

« La CFDT se prononce fermement pour l’abolition de la peine de mort. On ne peut plus attendre pour prendre une décision qui supprime de la pratique pénale une survivance barbare », écrivait sans ambiguïté la Confédération, le 25 juin 1979. S’il s’agissait d’une « prise de position de principe, qui allait de soi », tel était loin d’être le cas d’une classe politique et d’une société française encore largement acquises, à l’époque, au maintien de la peine capitale. Pas de quoi, cependant, faire dévier les cédétistes de leurs convictions. Convaincus, ils ont agi aux côtés des militantes et des militants des droits de l’Homme et des humanistes de tout bord afin que la France renonce à la peine capitale.

À propos de l'auteur

Frédéric Sève
secrétaire national de la CFDT

Lorsque Robert Badinter, ministre de la Justice, lançait que « la justice française ne [serait] plus une justice qui tue » et que l’Assemblée nationale votait l’abolition de la peine de mort, le 18 septembre 1981, c’est donc logiquement que la CFDT saluait une décision historique. Depuis, quarante ans se sont écoulés, et un constat s’impose : une vigilance de tous les instants reste nécessaire.

La peine de mort est encore appliquée dans 54 États, parmi lesquels la Chine et les États-Unis, et des voix continuent de s’élever pour prôner son rétablissement. Mais l’histoire de l’abolition en France nous montre comment l’action militante et la puissance des convictions peuvent forcer une société à bouger, parfois contre toute attente. Nous le réaffirmons aujourd’hui sans détour, ce combat est profondément inscrit dans notre ADN et dans nos valeurs : nous n’aurons de cesse de le poursuivre.