Retraites complémentaires : les partenaires sociaux décident d’un coup de pouce

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iconeExtrait de l’hebdo n°3843

Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a décidé, le 6 octobre, d’augmenter la retraite complémentaire de 5,12 % au lieu des 4,9 % prévus dans les textes. Un coup de pouce bienvenu dans la période. Explications.

Par Jérôme Citron— Publié le 04/10/2022 à 12h00 et mis à jour le 07/10/2022 à 06h46

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© Laurent Grandguillot/RÉA

Chaque année à l’automne, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco tranche sur la revalorisation des pensions complémentaires. C’est le jeudi 6 octobre que la décision a été officiellement prise d'une hausse de 5,12 %. Pour mémoire, l’État a procédé à une anticipation de 4 % de la revalorisation des pensions de base cet été en anticipation ; la revalorisation exacte pour 2023, qui devrait suivre l’inflation, ne sera connue qu’en fin d’année.

Des règles de l’Agirc-Arrco très précises

L’accord national interprofessionnel de 2019 qui fixe les règles de l’Agirc-Arrco jusqu’à 2022 prévoit que lorsque l’inflation augmente plus vite que les salaires (c’est le cas actuellement), les pensions doivent être revalorisées au même rythme que les salaires. Si les partenaires sociaux décidaient de respecter le texte de l’accord à la lettre, la revalorisation aurait donc dû être de 4,8 % (estimation de la hausse des salaires pour 2022). À ces 4,8 % il fallait ajouter un rattrapage de 0,1 % afin de tenir compte d’une sous-évaluation l’année dernière. Le conseil de l’Agirc-Arrco prenant toujours sa décision sur la base d’une estimation, il y a nécessairement un correctif l’année suivante, une fois les chiffres consolidés. La revalorisation au 1er novembre 2022 aurait donc dû être de 4,9 %.

Des ressources financières en hausse

Alors que l’Insee estime que l’inflation sera de 5,3 % pour 2022 et que les retraités avaient déjà été mis à contribution l’année dernière – avec une pension sous-indexée afin de tenir compte du trou d’air dû à la crise Covid –, la CFDT a très vite fait savoir qu’elle voulait aller plus loin que ce qui était prévu dans le texte de l’accord. L’argument a d’autant plus pesé que les ressources financières de l’Agirc-Arrco se sont nettement améliorées avec le rattrapage économique post-Covid. L’idée de la CFDT était donc de tendre vers le niveau de l’inflation afin de préserver au maximum le pouvoir d’achat des retraités.

Réticent au départ, le patronat s’est finalement laissé convaincre du bien-fondé d’un coup de pouce. Lors d’une commission paritaire qui s’est réunie le 27 septembre dernier, les partenaires sociaux ont décidé d’accorder au conseil d’administration de l’Agirc-Arrco la liberté d’aller au-delà des textes, jusqu’à 0,2 %. C’est donc bien une revalorisation de 5,12 % qui a été annoncée le 6 octobre prochain. Une réelle satisfaction pour la CFDT, qui a été à la manœuvre lorsqu’il s’est agi de rassembler l’ensemble des organisations syndicales et patronales sur cette position.