Réforme des APL : les jeunes trinquent

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iconeExtrait de l’hebdo n°3782

La mise en œuvre de la réforme de l’aide personnalisée au logement en vigueur depuis le début de cette année pénalise surtout les jeunes, et ce, quels que soient leurs revenus.

Par Claire Nillus— Publié le 15/06/2021 à 12h05

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© Jean-Claude Moschetti/RÉA

1. L’Union nationale pour l’habitat des jeunes (Habitat Jeunes) est membre du Pacte du pouvoir de vivre.

Depuis le 1er janvier 2021, le calcul du montant de l’aide personnalisée au logement (APL) est actualisé chaque trimestre, en fonction des revenus des douze mois précédents plutôt que sur la base des revenus perçus deux ans plus tôt. L’ambition affichée par la réforme des « APL en temps réel » est de mieux prendre en compte la variabilité des ressources des allocataires afin d’adapter le montant de l’aide aux ruptures de parcours.

Or « les APL […] qui prenaient en compte des revenus N – 2 souvent nuls, venaient pallier l’absence de minima sociaux pour les moins de 25 ans et assurer une aide stable dans une période de la vie faite de nombreuses fluctuations, analyse l’Unhaj1 dans une étude d’impact de la réforme des APL publiée début juin. En raison d’un effet de rattrapage brutal, tous sont perdants, et ce, quel que soit leur niveau de ressources ».

Les plus impactés par la baisse des APL sont de jeunes actifs dont les revenus sont proches du Smic (entre 800 et 1 300 euros). Et pour l’ensemble des jeunes, la baisse moyenne en 2021 est de 38,50 euros par mois… Un énième facteur d’inquiétude pour ces jeunes déjà largement impactés par les effets de la pandémie.

Les APL baissent, pas les loyers

La CFDT s’était déclarée favorable à un calcul des droits en matière d’allocation logement au plus près des ressources réelles des allocataires mais au plus près, aussi, du montant des loyers d’aujourd’hui et non de ceux d’il y a deux ans.

« Elle alerte aussi depuis deux ans sur l’absolue nécessité que le nouveau système soit simple pour les allocataires, rappelle Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale chargée de la protection sociale. Faire varier sans cesse les droits génère une vraie incertitude pour les personnes dont le budget est particulièrement serré, et notamment les jeunes. En cas d’erreur, on peut rapidement les décourager d’avoir recours à leurs droits, avec le risque de les faire basculer dans le cercle vicieux des trop-perçus et des rappels. »

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

Comme sur d’autres sujets, l’objectif poursuivi par l’exécutif de réaliser 750 millions d’euros d’économies avec la mise en œuvre de cette réforme en 2021 vient une nouvelle fois se heurter à la réalité conjoncturelle. Dans ce contexte, la CFDT rappelle son souhait de voir « stabilisés les droits sur des périodes longues lorsque les personnes sont dans des dynamiques positives, afin que les aléas sur les prestations sociales ne viennent pas les fragiliser. »