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“Engagez-vous!”
L’engagement ne s’arrête pas avec la fin de la carrière professionnelle. Il prend de nouvelles formes, toujours au service des autres, de la solidarité et de la démocratie.

Et si la retraite marquait le départ d’un nouvel engagement ? Pour beaucoup, militants CFDT ou pas, quitter la vie professionnelle ne signifie pas lever le pied, mais plutôt réinventer sa manière d’agir. Délestés des contraintes du travail, ils mettent leur temps, leur expérience et leurs convictions au service de causes qui leur tiennent à cœur. Avec un même moteur : l’envie d’être utile.
« Lorsque j’ai pris ma retraite, j’étais un peu désœuvré, se souvient Jacques Mercier. Je voulais consacrer du temps aux autres. » Pourtant, l’engagement syndical n’était pas une évidence pour cet ancien responsable d’entreprise. « J’étais un “vilain” patron. Je n’étais pas du tout engagé à la CFDT », reconnaît-il.
À la retraite, il se tourne vers le mouvement associatif. Puis, la CFDT des Yvelines est venue le chercher en vue de participer à la régularisation des travailleurs sans papiers. Depuis, Jacques y consacre presque tout son temps. Il aide à monter les dossiers, vérifie les documents, accompagne les démarches en préfecture et intervient auprès des employeurs pour obtenir les pièces manquantes. Un travail long et complexe, car chaque situation est différente. « Mais c’est un choix. C’est tellement positif quand ils obtiennent leur titre de séjour. »
Marlène Boisson, militante chevronnée, est tombée dans la marmite dès son plus jeune âge : « Dans ma famille, il n’était pas concevable de travailler sans être syndiquée », affirme-t-elle. Une fois à la retraite, les choses se sont donc faites naturellement. « J’ai continué à adhérer. Et lorsque la CFDT Retraités a monté une commission égalité femmes-hommes, je me suis impliquée. Les femmes, ça a toujours été mon fil conducteur. »

« Vieillir utile et visible »
Aujourd’hui, elle est chargée du développement de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité femmes-hommes au sein de la CFDT Retraités, tout en poursuivant des engagements à l’échelle européenne. « Ça me permet de vieillir utile et visible », explique-t-elle. Lors du congrès confédéral de juin 2026, à Bordeaux, elle a notamment prêté main-forte sur le stand et a été à l’initiative du badge « Toujours actif à la CFDT Retraités ». En fin d’année, elle organisera, avec sa commission, une journée nationale scénarisée et interactive contre
les discriminations et pour l’égalité.
Poursuivre son engagement syndical est également une manière de faire entendre la voix des femmes de son âge. « Être syndicaliste en étant une femme retraitée, c’est aussi montrer qu’on est toujours des femmes, qu’on a des choses à dire, qu’on n’est pas seulement des grands-mères », s’amuse-t-elle.
Un rôle social et sociétal essentiel
À la CFDT Retraités, les militants sont bénévoles et chacun peut s’investir à son rythme. « Quand on est salarié, on a des collègues. À la retraite, il faut se recréer. Le syndicat, ça permet de rencontrer plein de gens d’univers différents. Mais ce n’est pas un club de belote, on a un rôle social important ! », confie Benoit Prince, secrétaire général de CFDT Retraités.
Permanences d’accueil, accompagnement des adhérents, débats, actions de proximité ou interventions auprès des pouvoirs publics : les occasions d’agir sont nombreuses ! « On porte l’actualité revendicative auprès des responsables locaux en charge des personnes âgées », explique Didier Gounet, de la CFDT Retraités de Gironde. Les militants siègent aussi dans les conseils de la vie sociale aux CCAS (centres communaux d’action sociale), où ils défendent les intérêts des personnes âgées.
Ils peuvent également s’investir dans les commissions du syndicat (loisirs, communication, développement, logement, santé, autonomie…). « La commission la plus demandée est celle des loisirs ! C’est là que nous avons le plus de volontaires », s’amuse Didier. « On a visité dernièrement une usine de traitement des ordures ménagères aux alentours de Bègles. Quand on le peut, on s’arrange pour rencontrer la section CFDT. » Le syndicat développe aussi des partenariats avec des associations locales. « On travaille avec l’Asept [Association de santé, d’éducation et de prévention sur les territoires], par exemple. Nos adhérents peuvent participer à toutes ses activités, une douzaine, qui vont de la vitalité au numérique, en passant par les gestes qui sauvent et le yoga du rire. »
Un autre partenaire, Vélocité, promeut l’usage du vélo. Car derrière la diversité des activités, l’engagement à la CFDT Retraités répond à l’envie de rester acteur, créer du lien et transmettre. Didier résume la philosophie avec le sourire : « L’engagement
à la CFDT Retraités, c’est trois choses : du plaisir, du plaisir et du plaisir ! Et le sentiment d’être là pour son prochain… »
Défendre les intérêts des plus précaires
On estime à quelques milliers le nombre de mandatés syndicaux en France : mandatés pour le logement, la santé au travail, etc. Ils sont les garants du respect des valeurs CFDT – égalité, solidarité, lutte contre le racisme et la discrimination – au sein des instances paritaires, ils alertent et agissent guidés par les revendications confédérales. C’est le cas, notamment, dans les caisses locales de la protection sociale de l’Hexagone et des territoires français d’outre-mer où la CFDT représente les assurés sociaux grâce à un réseau de quelque 1 400 mandatés.
Ce sont des adhérents ou des militants désignés par les Unions régionales et formés par celles-ci pour siéger dans les caisses d’allocations familiales, les Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales), les Carsat (Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) et les CPAM (Caisse primaire d’Assurance maladie). Ils intègrent alors les conseils d’administration dont ils votent la stratégie financière et dont ils assurent, parfois, la présidence ou la vice-présidence. Ils peuvent aussi être amenés à instruire des dossiers d’aides dans l’intérêt des allocataires au sein de commissions dédiées.
Les mandatés de la CFDT veillent au bon fonctionnement de ces instances en lien avec leur mission de service public et d’accompagnement des plus fragiles. L’employeur a l’obligation de libérer le salarié sur ses heures de travail pour qu’il puisse assister aux différentes réunions ou commissions et il maintient l’intégralité de son salaire. L’organisme concerné rembourse ensuite directement l’employeur les salaires et les charges sociales correspondant au temps passé par le salarié dans ces instances.