Agir avec la CFDT

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“Engagez-vous!”

Défendre ses collègues, lutter contre les injustices, s’engager pour la planète, militer un peu, beaucoup, passionnément… À la CFDT, l’engagement est aussi divers que ses 641 798 adhérents. Les opportunités sont nombreuses et les personnes qui se sont lancées témoignent toutes de la richesse de leurs expériences.

Par Sabine Izard et Claire Nillus — Publié le 09/10/2026 à 09h24

Distribution gratuite de produits de première nécessité pour les étudiants, organisée par la CFDT des Hauts-de-France, sur le campus d’Amiens, en mars 2022.
Distribution gratuite de produits de première nécessité pour les étudiants, organisée par la CFDT des Hauts-de-France, sur le campus d’Amiens, en mars 2022.

« Indignez-vous ! » Dans son essai éponyme, l’ancien résistant et déporté qui a consacré le restede sa vie à la défense des droits humains, Stéphane Hessel, invite les citoyens à ne pas rester indifférents face aux injustices et à transformer leur indignation en engagement. Une autre formule (souvent attribuée à Bertolt Brecht) dit : « Celui qui lutte peut perdre, mais celui qui ne lutte pas a déjà perdu. »

Agir plutôt que subir, c’est la base même de l’engagement à la CFDT, un engagement plus ou moins intense, depuis la simple adhésion jusqu’à l’exercice de responsabilités syndicales importantes.

On adhère ou on milite pour des raisons individuelles ou collectives, parce qu’il y a un conflit avec l’employeur, parce que l’on soutient une cause particulière, parce que l’on défend des valeurs ou que l’on porte un autre projet de société. Les mobilisations de 2023 contre la réforme des retraites ont ainsi été à l’origine de près de 50 000 nouvelles adhésions à la CFDT, une des plus fortes vagues de « recrutement » de l’histoire récente de la Confédération.

Entre espoir, altruisme et peurs

Mais on ne naît pas militant, on le devient. Et l’entrée en militantisme emprunte diverses voies, comme le révèle la vaste enquête de la CFDT « Parlons engagement » réalisée en 2022. Une très grande majorité d’élus et de mandatés (91%) y décrit l’engagement comme une « belle expérience émancipatrice », qui permet d’agir concrètement, de se sentir utile, d’obtenir des résultats et d’acquérir de nouvelles compétences. Elle offre une bouffée d’oxygène par rapport au travail et donne le sentiment de choisir sa vie.

Cependant, les résultats de l’enquête confirment aussi la difficulté qu’éprouvent certains à s’engager au-delà de l’adhésion, à trouver leur place dans un collectif militant, à se sentir légitime ou à la hauteur, notamment les salariés les moins qualifiés et les plus jeunes. Les autres freins exprimés font référence au manque de temps, au fait de débuter dans la vie professionnelle ou à la peur d’être discriminé et de mettre en péril sa carrière.

L’engagement continue néanmoins de faire sens pour 96 % des répondants tandis que l’espoir et l’altruisme restent les moteurs principaux de l’action, loin devant la colère, révèle encore l’étude. « Je ne supportais plus de voir ma collègue saquée par notre responsable. J’ai poussé la porte de la CFDT pour m’informer sur ce que l’on pouvait faire pour elle. Mon parcours syndical a commencé ce jour-là, il y a dix ans ! », raconte Badiaa Souidi, aujourd’hui secrétaire générale de la CFDT Île-de-France. « Au départ, j’avais juste envie d’adhérer, pas de faire carrière, mais j’ai rencontré les bonnes personnes. »

Comme elle, 37 % disent s’être engagés sur proposition d’un collègue. « Quand notre employeur a décidé de vendre, le seul moyen d’avoir des informations, c’était d’être représentant du personnel. J’ai rencontré un super délégué syndical qui m’a expliqué comment fonctionnait la CFDT, se souvient Alexandre Dubois, secrétaire général de la CFDT Agri-Agro. J’ai tout de suite été mis en relation avec la secrétaire du syndicat de l’Yonne, qui m’a très bien accueilli, et j’ai bénéficié de formations dès ma prise de mandat. Aujourd’hui, j’ai toute une liste de militants comme elle à remercier. Et mon ambition, en tant que secrétaire général, est de mettre en place ce qui est nécessaire pour que chacun puisse exercer son mandat dans les meilleures conditions possibles. » 

Si ces rencontres ont été décisives pour Badiaa et Alexandre, le choix de la CFDT correspondait aussi au type de syndicalisme qui leur semblait recevable au moment de s’engager, avec une approche constructive de l’action syndicale et une méthode – proposition, discussion, recherche du compromis – qui ne renvoie pas systématiquement au conflit.

Le champ des possibles

L’engagement syndical représente, bien entendu, une opportunité d’agir concrètement sur les salaires et les conditions de travail, mais pas seulement. Le climat, le logement, les droits humains, la question des inégalités entre les femmes et les hommes ou encore les droits des personnes LGBTQIA+… le champ des possibles est vaste au sein des entreprises et des administrations, comme à l’extérieur.

Signe des temps, 74 % des répondants à l’enquête estiment que les syndicats sont légitimes pour traiter de questions de société.

Et afin que les salariés qui le souhaitent puissent s’investir, même temporairement, sur des thématiques spécifiques, la CFDT a décidé de développer de nouvelles formes de militantisme répondant à leurs aspirations.

À l’instar du réseau des Sentinelles (lire l'article du dossier "Porter les valeurs écologiques"), qui réunit des adhérents et des militants autour de sujets transverses (égalité professionnelle, transition écologique…), de plus en plus de collectifs offrent la possibilité de s’engager selon ses disponibilités et ses besoins.

C’est ce qu’a expérimenté, avec succès, le Syndicat interprofessionnel de l’Ain. Il y a deux ans, ses militants ont monté un groupe « Petite enfance » qui rassemble des auxiliaires de puériculture, des éducateurs de jeunes enfants et des Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) notamment. Cette mise en réseau leur a permis d’échanger sur leurs métiers et les pratiques dans leurs structures respectives. « Même si le déclic de l’engagement n’est pas toujours au rendez-vous, nous avons leur soutien aux élections, dans les manifestations, pour distribuer un tract », résume Cécile Chavonand, la secrétaire générale. « Petit à petit, l’envie de militer à nos côtés fait son chemin. »

Le statut de « salarié protégé »

C’est un fait, nombre d’élus sont victimes de discrimination syndicale. Mais ces derniers ne peuvent être licenciés comme des salariés « ordinaires ». En vertu de l’article L2411-1 du code du travail, l’employeur qui veut licencier un représentant du personnel doit obtenir l’autorisation préalable de l’inspection du travail.

Celle-ci devra notamment vérifier que le licenciement n’est pas lié à l’activité syndicale du salarié. Cette protection s’applique pendant le mandat et, dans de nombreux cas, pendant une période suivant la fin du mandat. Tout licenciement prononcé sans l’autorisation de l’inspection du travail est susceptible d’être annulé.