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Extrait de l'hebdo n°4031
La section CFDT n’a pas attendu les canicules estivales pour protéger les salariés des températures extrêmes – mais celle de 2026 a renforcé l’urgence d’un plan négocié avec la direction.

Si la canicule a été particulièrement compliquée à gérer cet été pour nombre de salariés français, au Parc Astérix, permanents et saisonniers ont parfois dû faire face à des conditions de travail extrêmes en vue de garantir l’ouverture des attractions, boutiques, hôtels et restaurants. Une situation dont est bien consciente la section CFDT (majoritaire au Parc Astérix) qui se bat aussi afin de préserver la santé des salariés. « Nous avions déjà mis en place un certain nombre de choses », explique Raphaël Ciesielski, délégué syndical CFDT.
Par exemple, les salariés peuvent profiter d’îlots de fraîcheur répartis tout autour du parc. « Il s’agit d’espaces climatisés où ils peuvent venir se rafraîchir pendant leurs pauses. Ils ont également une gourde d’eau qui leur est remise avec leur tenue de travail et de la crème solaire. À la division spectacle, certains salariés portant des costumes trop chauds tels ceux d’Astérix ou d’Obélix ne sortent pas dès lors que la température grimpe au-dessus de 30 °C. Seuls ceux qui ont la tête à l’air libre, comme Panoramix ou Falbala, sont maintenus », explique le militant. Leur poids a également été allégé, et des gilets fraîcheur peuvent être portés sous les costumes pour les rendre plus supportables. « Cette année, le parc offre également la possibilité aux opérateurs de faire des attractions aquatiques, qui permettent de se rafraîchir », poursuit Raphaël.
Un plan canicule à améliorer
Cependant, l’été 2026 a révélé les limites du modèle. « Face à l’urgence, chaque division a mis en place des solutions mais pas toujours de façon coordonnée, ce qui a créé des tensions entre les salariés. Nous avons donc demandé à la direction un plan canicule… qui a fini par nous être présenté fin juillet. Il se calque sur le plan gouvernemental. Par exemple, en cas de vigilance rouge, on ferme les attractions les plus exposées au soleil, on augmente les temps de pause, on distribue des fruits. Mais tout ça n’a pas été discuté avec les organisations syndicales. Selon nous, le plan ne va pas assez loin puisqu’il n’est pas adapté aux métiers et ne tient pas assez compte de l’aspect humain », détaille Raphaël Ciesielski, qui demande toujours l’organisation d’une négociation collective sur le sujet.
« Par exemple, on voudrait que soit écrit noir sur blanc que les attractions sont fermées au-delà d’une certaine température. C’est une question de sécurité pour les salariés mais aussi pour les clients. Cet été, les sièges étaient par endroits tellement chauds qu’ils ne pouvaient plus s’asseoir ! En hiver, on propose des tenues de travail adaptées au froid, et les horaires d’ouverture du parc sont décalés afin de laisser le temps aux attractions de démarrer. D’ailleurs, les nouvelles attractions sont construites à l’intérieur. Il faut maintenant aller plus loin pendant la saison estivale ! »
Les mêmes droits pour tous
D’autant que l’été, le nombre de salariés présents triple afin de répondre à un niveau de fréquentation nettement plus élevé. « Nous avons environ 1 250 salariés au Parc Astérix, dont 450 salariés permanents. Les autres sont des saisonniers et des intermittents du spectacle. Ils sont là durant quelques jours, quelques semaines, parfois quelques mois. Le parc signe à peu près 40 000 contrats par an », explique le militant CFDT, très vigilant en ce qui concerne le respect de leurs droits et de leurs conditions de travail. « Chez nous, le dialogue social bénéficie à toutes les catégories de personnel, permanents comme saisonniers. »
Ces derniers sont ainsi concernés par la participation, l’intéressement ou bénéficient encore du plan d’actionnariat mis en place par le groupe Compagnie des Alpes. « Nous venons également d’améliorer leurs droits par rapport à la convention collective de branche. Désormais, tout saisonnier ayant travaillé au moins cinq mois au parc bénéficie d’une priorité de réembauche la saison suivante. Un entretien de fin de saison doit être proposé en fin de contrat par le manager pour un bilan. À défaut, le salarié est automatiquement reconduit la saison suivante. Nous avons également revu l’échelle des sanctions pour éviter qu’ils ne perdent leur emploi à la moindre erreur », poursuit-il.
« C’est un sujet important chez nous, confirme Christophe Hericher, saisonnier au Parc Astérix depuis 2019 et élu CFDT au comité social et économique. La plupart des saisonniers ont 20-25 ans, et c’est souvent leur premier emploi. Or les managers ne savent pas toujours gérer ce genre de situation. » « On veut éviter qu’un jeune de 18 ans qui travaille en restauration et qui mange en fin de service un bout de sandwich plutôt que de le jeter à la poubelle soit blacklisté et ne puisse plus jamais retravailler chez nous. Il faut privilégier le dialogue, introduire un peu de souplesse ! », abonde Raphaël Ciesielski, qui souhaiterait que ces sujets soient discutés au niveau de la branche.
Une convention collective à réviser
La CFDT vient d’ailleurs d’entamer des négociations dans la perspective d’un toilettage complet de la convention collective nationale des espaces de loisirs, d’attractions et culturels dont dépend le Parc Astérix. À ce niveau, elle est la seule organisation syndicale à dépasser les 30 % de représentativité, ce qui lui garantit de peser dans les discussions. « On veut ajouter l’impact de la chaleur sur les salariés. Et on aimerait pouvoir bénéficier de jours fériés payés, ce que l’on n’a pas actuellement. C’est important pour inciter des jeunes à nous rejoindre ! », conclut Raphaël Ciesielski.
Si la bataille sociale est loin d’être terminée, les Gaulois CFDT du Parc Astérix entendent continuer à résister, par Toutatis !