“Pacte de la vie au travail” : la CFDT ira jusqu’au bout de la négociation

temps de lectureTemps de lecture 4 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3912

Alors que, pour l’instant, le patronat refuse le Cetu, la CFDT continuera de le revendiquer lors des deux prochaines séances de négociation. Les négociateurs de la première organisation syndicale française attendent de réelles avancées de la part du patronat concernant l’emploi des seniors, la reconversion et la prévention de l’usure professionnelle.

Par Fabrice Dedieu— Publié le 15/03/2024 à 11h15 et mis à jour le 19/03/2024 à 11h14

La délégation CFDT, dans le cadre de la négociation relative au “Pacte de la vie au travail”, est composée (de gauche à droite) d’Isabelle Mercier, secrétaire national, d’Olivier Guivarch, secrétaire national, et d’Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint.
La délégation CFDT, dans le cadre de la négociation relative au “Pacte de la vie au travail”, est composée (de gauche à droite) d’Isabelle Mercier, secrétaire national, d’Olivier Guivarch, secrétaire national, et d’Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint.© Syndheb

[Mise à jour] Les dix propositions des organisations syndicales

Les cinq organisations syndicales (OS) se sont mises d’accord sur dix propositions communes dans le cadre de la négociation. Dans les grandes lignes, concernant l’emploi des seniors, elles proposent de « renforcer le dialogue social pour améliorer l’emploi des seniors », avec un bilan social de branche qui fixe des objectifs en la matière, de rendre obligatoire la négociation en entreprise sur ces enjeux et de renforcer le rôle des représentants des salariés. L’opposition au CDI senior est réaffirmée. Les OS proposent également de « rendre le droit à la retraite progressive opposable à partir de 60 ans », avec des cotisations retraite prises en charge à 100 %.

Sur le volet prévention de l’usure professionnelle, les organisations syndicales souhaitent, via la négociation collective et une cartographie des métiers, mieux repérer les métiers à risque en vue de mieux anticiper les reconversions et mettre en place des plans de prévention. Et en ce qui concerne la reconversion professionnelle, elles souhaitent « créer un véritable droit à la reconversion » sans passer par la case assurance chômage et « faire du conseil en évolution professionnelle un droit effectif pour l’ensemble des salariés ».

Quelques jours avant la séance du 20 mars relative à la  négociation « Pacte de la vie au travail », et face au refus patronal d'un compte épargne-temps universel (Cetu), le Bureau national (BN) de la CFDT, réuni les 13 et 14 mars, a été questionné au sujet de la marche à suivre et du mandat de négociation. « Aucun membre du Bureau national a demandé que la CFDT se retire de la négociation, a fait savoir Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint et chef de file des négociateurs CFDT. La responsabilité du patronat est engagée, pas la nôtre ! »

En ce qui concerne le Cetu, « la CFDT maintient sa revendication, même si tout le monde a bien conscience du niveau de blocage actuel dans la négociation », a précisé le numéro deux de la CFDT. Il n’en reste pas moins que le Premier ministre a réaffirmé à la CFDT, lors d’une bilatérale, que le Cetu ferait bien partie d’un projet de loi consacré au travail, lequel devrait arriver au Parlement à l’automne. « Mais il vaut mieux que nous le calions nous-même plutôt que le Parlement le fasse, a estimé le secrétaire général adjoint. Nous demandons que les principes du Cetu soient reconnus dans l’accord et qu’ils soient une accroche politique dans le futur projet de loi. Et nous refusons un engagement des différentes organisations pour renvoyer le Cetu à une nouvelle négociation. »

Très fortes exigences CFDT

À propos des autres blocs de la négociation (emploi des seniors, prévention de l’usure professionnelle et reconversion), « nous aurons des exigences très fortes », a souligné Yvan Ricordeau. Qui enfonce le clou au sujet de la négociation en entreprise obligatoire sur l’emploi des seniors et un droit à la reconversion qui ne repose pas sur la rupture du contrat de travail, comme le propose le Medef jusqu’à présent. Sur ce dernier point, « le message du BN a été clair ». Autre message clair : « Le CDI senior n’est pas le bon dispositif. Son objet est d’améliorer le recrutement des demandeurs d’emplois seniors. Alors que la question de l’emploi des seniors, c’est comment, dans les entreprises, les salariés vont jusqu’à 64 ans, dans une forme de travail qui est acceptable jusqu’à 64 ans. C’est ça, le cœur de la négociation. »

À propos de l'auteur

Fabrice Dedieu
Journaliste

Désormais, la CFDT va transmettre plusieurs documents afin d’appuyer ses revendications, dans la perspective de la prochaine séance de négociation qui aura lieu le 20 mars, dont un document détaillant les six propositions de la CFDT : le Cetu, le rendez-vous de situation et de perspective du parcours professionnel, la négociation obligatoire en entreprise et/ou dans la branche sur le maintien dans l’emploi des seniors, la stratégie nationale de reconversion, le droit à la reconversion, la meilleure prise en compte du travail dans l’accord. « La négociation de mercredi prochain sera déterminante », prévient le chef de file CFDT.