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Extrait de l'hebdo n°4034
La publication, le 28 octobre, des chiffres de France Travail pour le troisième trimestre 2026 confirme la dégradation continue du marché du travail. Une fois encore, les jeunes sont particulièrement touchés. Dans ce contexte, l’ouverture des négociations interprofessionnelles du 4 novembre sur l’emploi des jeunes prend un relief tout particulier.

La hausse de l’inflation nous ferait presque oublier une autre courbe, pourtant elle aussi révélatrice de la dégradation de la situation économique et sociale de la France. Les derniers chiffres publiés par France Travail et la Dares1 révèlent une nouvelle augmentation (0,9 %) du nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A), lequel passe le cap des 3,3 millions de personnes. Pour l’ensemble des inscrits tenus de chercher un emploi (catégories A, B et C), la hausse atteint 0,8 % et concerne désormais plus de 5,8 millions de personnes. Cette réalité percute les promesses gouvernementales puisque le taux de chômage global s’établit désormais à 8,3 % de la population active, soit une hausse de 2,4 % sur un an.
Un indicateur alerte particulièrement dans le contexte actuel de mobilisation de la jeunesse : le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans (catégories A, B et C) bondit de 1,5 % au troisième trimestre et de 3,4 % sur un an.
Les effets de la loi plein emploi
Au-delà de la jeunesse, la mise en œuvre de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi met en lumière la réalité sociale qui se cache derrière les statistiques. Avec près d’un million de bénéficiaires du RSA – désormais intégrés dans des parcours sociaux (catégorie F) ou en attente d’orientation (catégorie G) à France Travail –, le discours dénonçant l’assistanat ou le « chômage choisi », souvent brandi par les politiques pour justifier un nouveau durcissement de l’indemnisation chômage, ne tient pas. En effet, pour nombre d’experts comme pour la CFDT, ce sont bien les freins structurels à l’emploi (garde d’enfants, transports, santé…) qui sont en cause – freins que la loi actuelle se montre incapable de lever, faute de coordination des moyens publics.
Dans ce contexte, l’ouverture, le 4 novembre prochain, de la négociation consacrée à l’emploi des jeunes sera suivie avec une attention particulière. Côté CFDT, on y va en tout cas avec la ferme intention d’obtenir des garanties concrètes pour que la jeunesse ne devienne pas, une fois de plus, la principale variable d’ajustement des crises économiques successives.