Ne plus perdre sa vie à la gagner

iconeExtrait de l’hebdo n°3797

Par Catherine Pinchaut— Publié le 02/11/2021 à 13h00

Catherine Pinchaut, secrétaire nationale
Catherine Pinchaut, secrétaire nationale© Virginie de Galzain

À propos de l'auteur

Catherine Pinchaut
secrétaire nationale de la CFDT

Le 25 octobre, un intérimaire âgé de 18 ans mourait à la suite d’un accident du travail dans un abattoir breton. Ce drame vient cruellement nous rappeler qu’en France, en 2021, on meurt encore au travail. Certes, les statistiques indiquent une baisse du nombre d’accidents du travail dans notre pays, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Mais le nombre de décès consécutifs à ces accidents, lui, ne baisse plus depuis une dizaine d’années. En 2020, la France comptait 540 morts au travail. Combien ont fait la Une de la presse? Bien trop peu, hélas!

Ce nombre, il nous faut pourtant le rappeler sans cesse et ne plus le passer sous silence. Car, à dire vrai, une majorité de ces décès sont, ou doivent être, évitables : les principales victimes sont des jeunes, des intérimaires, des travailleurs détachés, le plus souvent avec moins d’un an d’ancienneté. C’est donc dans les toutes premières semaines de l’arrivée dans l’entreprise que l’accent doit être mis sur la sensibilisation aux risques du métier et du secteur, par exemple grâce au tutorat à destination des plus jeunes !

L’accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail du 9 décembre 2020, repris dans la loi d’août 2021, offre des leviers pour agir concrètement en faveur de la sécurité au travail dans les entreprises. Il nous faut nous en emparer. Cela passe par l’implication des élus d’entreprise, au plus près des réalités du travail ; ils doivent devenir, en proximité et à l’écoute des salariés, de véritables capteurs de signaux faibles qui permettent d’identifier les causes potentielles de ces accidents. Ces remontées sont indispensables pour pouvoir, par le dialogue social, entreprise par entreprise, agir sur les conditions de travail afin de renforcer la sécurité au travail en tenant compte des réalités concrètes de chaque poste.

C’est notre devoir de syndicalistes de tout mettre œuvre pour que l’on ne perde plus sa vie à la gagner !