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Extrait de l'hebdo n°4030

Après plusieurs jours de blocage, les manifestations de ce 6 octobre marquent un premier point d’orgue de la mobilisation des lycéennes et des lycéens visant à dénoncer le manque de moyens pour l’Éducation nationale et leurs conditions dégradées de scolarité. Leurs revendications et leur colère sont parfaitement légitimes face à une situation devenue intenable, qui est le résultat de l’absence d’une politique ambitieuse en direction des jeunesses.
Depuis des années, la CFDT et ses fédérations de l’enseignement dénoncent le manque criant de personnels d’enseignement, de vie scolaire, de santé, et l’état déplorable du bâti scolaire, qui pèsent sur la réussite des élèves et leurs conditions de travail. Quand ces lycéens nous parlent de leur sentiment de mépris, d’une démocratie lycéenne dysfonctionnelle et de leur quotidien dégradé, il faut les entendre et construire les solutions avec eux.
Mais écouter et comprendre cette colère légitime ne veut pas dire justifier les violences. La CFDT les condamne sans équivoque, d’où qu’elles viennent : celles contre les élèves, la plupart étant mineurs, qui, pour la grande majorité d’entre eux, manifestent de façon pacifique ; celles qui dégradent encore plus nos biens communs et touchent les personnels éducatifs alors même que les revendications pointent le manque de moyens et la vétusté des bâtis ; celles, enfin, à l’égard des personnes dont la mission est d’assurer le maintien de l’ordre.
La voie de passage est difficile à trouver, tant l’urgence de la crise écrase la capacité à construire des réponses sur le temps long. Mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas tant d’une réponse sécuritaire dont ces jeunes ont besoin que de perspectives, de la confiance de la société et du monde des adultes. C’est là qu’est la place de la CFDT : restaurer le dialogue, respecter la parole de chacun et offrir les espaces pour co-construire les solutions.