Les agents publics en “mode survie”

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icone Extrait de l'hebdo n°4030

Restructuration permanente, non-remplacement d’un agent sur deux, point d’indice gelé en 2027 et rémunération en berne… Les adhérentes et adhérents de la CFDT présents dans le cortège parisien du 29 septembre, à l’occasion de la journée d’action nationale, avaient toutes et tous une bonne raison de se mobiliser.

Par Guillaume Lefèvre — Publié le 06/10/2026 à 12h00

Au centre, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, entourée de Badiaa Souidi, secrétaire générale de la CFDT Île-de-France, et de Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques.
Au centre, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, entourée de Badiaa Souidi, secrétaire générale de la CFDT Île-de-France, et de Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques.© Stéphane Vaquero

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

« Méprisés, dévalorisés, les fonctionnaires en ont assez » : le slogan a été repris en chœur par les militantes et militants du cortège CFDT, nombreux à avoir enfilé une couverture de survie pour l’occasion. « Les fonctions publiques et les agents sont en mode survie ! », résume Laure Revel, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques.

Les maux sont profonds. Ils souffrent d’un manque de reconnaissance, sont épuisés par la répétition des réformes, les réorganisations successives, le manque d’effectifs et la dégradation continue de leurs conditions de travail. « On a marre d’être des variables d’ajustement ! », clame David, contrôleur des finances publiques.
Les maux sont profonds. Ils souffrent d’un manque de reconnaissance, sont épuisés par la répétition des réformes, les réorganisations successives, le manque d’effectifs et la dégradation continue de leurs conditions de travail. « On a marre d’être des variables d’ajustement ! », clame David, contrôleur des finances publiques.© Stéphane Vaquero
L’annonce d’un nouveau gel du point d’indice, le huitième en dix ans, a été la goutte de trop selon Virginie, infirmière à l’hôpital Trousseau. « C’est de plus en plus compliqué pour les agents de s’en sortir avec des salaires de misère, notamment ceux qui perçoivent les plus bas niveaux de rémunérations. »
L’annonce d’un nouveau gel du point d’indice, le huitième en dix ans, a été la goutte de trop selon Virginie, infirmière à l’hôpital Trousseau. « C’est de plus en plus compliqué pour les agents de s’en sortir avec des salaires de misère, notamment ceux qui perçoivent les plus bas niveaux de rémunérations. »© Stéphane Vaquero
Au 1er juin 2026, 862 000 fonctionnaires et contractuels, soit 15 % des agents publics, percevaient une rémunération inférieure au Smic mensuel brut (1 867,02 euros). « Malgré mes vingt ans d’ancienneté, je suis à peine au-dessus, confirme William, jardinier et agent territorial francilien. J’ai des problèmes de budget tous les mois ; j’ai d’ailleurs dû renoncer à me déplacer en voiture. »
Au 1er juin 2026, 862 000 fonctionnaires et contractuels, soit 15 % des agents publics, percevaient une rémunération inférieure au Smic mensuel brut (1 867,02 euros). « Malgré mes vingt ans d’ancienneté, je suis à peine au-dessus, confirme William, jardinier et agent territorial francilien. J’ai des problèmes de budget tous les mois ; j’ai d’ailleurs dû renoncer à me déplacer en voiture. »© Stéphane Vaquero
Selon Camille, préparateur en pharmacie au sein d’un hôpital breton, le nouveau report de la mise en œuvre d’une protection sociale complémentaire dans la fonction publique hospitalière est un signe de mépris supplémentaire adressés aux soignants. Censée entrer en vigueur au 1er janvier 2026, elle a finalement été reportée au 1er janvier 2028 !
Selon Camille, préparateur en pharmacie au sein d’un hôpital breton, le nouveau report de la mise en œuvre d’une protection sociale complémentaire dans la fonction publique hospitalière est un signe de mépris supplémentaire adressés aux soignants. Censée entrer en vigueur au 1er janvier 2026, elle a finalement été reportée au 1er janvier 2028 !© Stéphane Vaquero
Tous les manifestants ont le sentiment de ne plus être entendus, alors même qu’ils continuent d’assurer au quotidien des missions essentielles au fonctionnement des services publics et à l’accueil des usagers. Si le pouvoir d’achat est au cœur des revendications, la mobilisation dépasse la seule question du salaire. « Les restructurations, on en connaît une presque tous les ans. À chaque fois, on nous explique que c’est pour améliorer le service. Mais, sur le terrain, cela signifie surtout moins de collègues et davantage de missions, témoigne Chantal, agente au ministère des Armées. On est là pour dire stop ! »
Tous les manifestants ont le sentiment de ne plus être entendus, alors même qu’ils continuent d’assurer au quotidien des missions essentielles au fonctionnement des services publics et à l’accueil des usagers. Si le pouvoir d’achat est au cœur des revendications, la mobilisation dépasse la seule question du salaire. « Les restructurations, on en connaît une presque tous les ans. À chaque fois, on nous explique que c’est pour améliorer le service. Mais, sur le terrain, cela signifie surtout moins de collègues et davantage de missions, témoigne Chantal, agente au ministère des Armées. On est là pour dire stop ! »© Stéphane Vaquero
« Nous restons professionnelles jusqu’au bout mais nous sommes fatiguées ; on fait tout pour garantir la meilleure prise en charge des enfants or c’est de plus en plus compliqué », confie Manuella, auxiliaire puéricultrice dans un établissement de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui ne compte plus les rappels pendant ses temps de repos et les changements de planning de dernière minute.
« Nous restons professionnelles jusqu’au bout mais nous sommes fatiguées ; on fait tout pour garantir la meilleure prise en charge des enfants or c’est de plus en plus compliqué », confie Manuella, auxiliaire puéricultrice dans un établissement de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui ne compte plus les rappels pendant ses temps de repos et les changements de planning de dernière minute.© Stéphane Vaquero
Animateur périscolaire à Vaucresson (Hauts-de-Seine), Eliud brandit une pancarte volontairement provocatrice… Il pointe le manque d’effectifs dans son secteur et les conséquences en matière d’accueil des plus jeunes dans de bonnes conditions.
Animateur périscolaire à Vaucresson (Hauts-de-Seine), Eliud brandit une pancarte volontairement provocatrice… Il pointe le manque d’effectifs dans son secteur et les conséquences en matière d’accueil des plus jeunes dans de bonnes conditions.© Stéphane Vaquero
Le discours gouvernemental concernant l’effort budgétaire hérisse au plus haut point les pompiers. Venu de Haute-Marne, Marc alerte sur « les carences en termes de couverture des territoires ruraux, des moyens très insuffisants et le rallongement des temps d’intervention auprès des usagers ». Il poursuit : « Nos missions sont détournées. Nous pallions la désertification médicale de nos territoires ruraux. On se retrouve régulièrement à effectuer des missions qui ne sont pas de notre ressort. Pendant que nous faisons du transport sanitaire, nous ne pouvons pas nous consacrer au secours d’urgence. »
Le discours gouvernemental concernant l’effort budgétaire hérisse au plus haut point les pompiers. Venu de Haute-Marne, Marc alerte sur « les carences en termes de couverture des territoires ruraux, des moyens très insuffisants et le rallongement des temps d’intervention auprès des usagers ». Il poursuit : « Nos missions sont détournées. Nous pallions la désertification médicale de nos territoires ruraux. On se retrouve régulièrement à effectuer des missions qui ne sont pas de notre ressort. Pendant que nous faisons du transport sanitaire, nous ne pouvons pas nous consacrer au secours d’urgence. »© Stéphane Vaquero