Mieux nourrir la population mondiale

Retrouvez le dossier complet
Un collectif dans la campagne

Trois questions à Élise Naccarato, responsable Climat et Sécurité alimentaire à Oxfam.

Par Claire Nillus— Publié le 28/01/2022 à 09h30

image
© Elise Naccarato (capture écran)

Pourquoi faut-il réformer le système agroalimentaire actuel ?

Derrière les codes-barres des produits des supermarchés, il y a des salaires de misère et des aberrations écologiques.

Les trois quarts des prix sont captés par des intermédiaires. Dans les pays pauvres du Sud, mais en France aussi, les paysans ne vivent pas décemment de leur travail.

La question agricole est donc centrale et quotidienne pour les producteurs mais aussi pour les consommateurs à qui l’on vend peu cher de la nourriture de mauvaise qualité et dont l’impact social, sanitaire et environnemental est catastrophique.

Sur la question de l’alimentation, le Pacte du pouvoir de vivre met donc le projecteur sur la déconnexion entre les besoins des populations et nos modes de production ?

Absolument. Nous dénonçons, par exemple, la vente à prix cassé de « faux lait » à des pays pauvres. Au lieu de favoriser des filières locales, on exporte nos excédents sous forme de poudre de lait mélangée à de l’huile de palme. On leur exporte nos problèmes. Avec la CFDT-Agri-Agro, la campagne « Du social dans mon assiette » [fga.cfdt.fr] plaide en faveur d’un modèle plus juste, plus vertueux et moins émetteur de gaz à effet de serre.

Vous portez également ce sujet auprès de la Commission européenne…

En effet, l’agroécologie ne figurait pas dans les vœux de la France pour la nouvelle présidence de l’Union. Nos études à l’appui, nous plaidons pour qu’il n’y ait plus de famines dans un monde qui produit de quoi nourrir une fois et demie la population mondiale.