Luc, militant de la formation

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Un élan prometteur

Conquis par la formation professionnelle, Luc encourage ses collègues à suivre son exemple depuis qu’il est devenu élu du personnel.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 29/04/2022 à 09h00 et mis à jour le 04/07/2022 à 08h13

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À 39 ans, Luc, ingénieur chez Inteva Products, entreprise sous-traitante du secteur de l’automobile, est en plein parcours de reconversion. Cet expert en mécatronique – alliage de compétences en mécanique et en électronique, très prisé dans l’industrie automobile – se découvre un intérêt pour le domaine des objets connectés.

Une première formation à l’École polytechnique de Palaiseau lui permet de mieux maîtriser cette nouvelle technologie et d’en saisir toutes les potentialités. Huit mille euros pour vingt jours de formation. « Je l’ai financée avec mon CPF et mes économies, précise Luc. C’était une initiative personnelle, mon employeur ne m’a pas suivi. En revanche, ma rémunération a augmenté peu après, sans doute craignait-on de me voir partir. »

L’idée d’une reconversion chemine dans son esprit. « J’avais appris à créer des objets connectés qui génèrent de la donnée. Or cette donnée, on peut la valoriser avec des traitements informatiques et statistiques. » C’est tout le sens de la formation de data scientist qu’il entreprend par la suite.

La question du financement se pose de nouveau. Le CPF de Luc est vide, et l’entreprise, qui subit de sérieux revers, ne peut rien abonder. Luc se tourne vers Transitions Pro (ex-Fongecif), qui finance en partie sa formation dans le cadre d’un projet de transition professionnelle. Un stage effectué chez Agrial-Lamaison, coopérative agricole, lui permet de valider sa certification et de vérifier son intuition : sa nouvelle spécialité est riche en opportunités, et son processus de reconversion bien engagé. Toujours en poste chez Inteva, Luc a entre-temps pris de nouvelles responsabilités, cette fois-ci syndicales.

Élu CFDT, il milite pour que ses collègues aient accès à la formation et les incite notamment à prendre rendez-vous avec un conseil en évolution professionnelle (CEP) tout en veillant à ce que le sujet de la formation ne passe pas à la trappe dans l’entreprise. « Mon employeur avait omis de faire passer les entretiens professionnels, j’ai insisté pour que cette obligation soit respectée. »