Loi de programmation militaire, les hommes derrière les chiffres

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iconeExtrait de l’hebdo n°3870

La forte hausse du budget des armées ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail des agents du ministère et des salariés des industries de défense, estime la FEAE-CFDT.

Par Nicolas Ballot— Publié le 18/04/2023 à 12h00

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© Nexter-KNDS

Le projet de loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 présenté en Conseil des ministres le 4 avril propose de consacrer 413 milliards d’euros (Md€) sur sept ans aux armées. C’est une hausse sans précédent des budgets annuels dédiés à la défense : 3 Md€ d’augmentation par an jusqu’en 2027 puis 4,3 Md€ supplémentaires par an de 2028 à 2030. Le président de la République justifie ces efforts « à proportion des dangers, c’est-à-dire considérables », évoquant l’extrême instabilité géopolitique mondiale et la nécessité de se donner les moyens de garantir la sécurité de la population sur notre territoire et des Français dans le monde.

Pour autant, nuance Albert Corbel, le secrétaire général de la CFDT-Défense, « il faut relativiser la hausse des dépenses à venir : avant même la LPM 2024-2030, le budget de la défense a bénéficié d’une hausse importante, décidée en 2015 et amplifiée depuis 2018 ». Sans compter l’inflation – dont la part est estimée à 30 Md€ sur la durée de la prochaine LPM.

Les conditions de travail ne doivent pas être oubliées !

Il n’appartient pas aux organisations syndicales de négocier les priorités stratégiques de la loi relative à la défense. Cependant, « l’intensification de l’activité militaire [et] l’augmentation des effectifs militaires entraîneront des efforts considérables pour les industries d’équipement et de soutien et les services de soutien du ministère », assure Albert.

À propos de l'auteur

Nicolas Ballot
rédacteur en chef de Syndicalisme Hebdo et de CFDT Magazine

La volonté présidentielle d’« économie de guerre » se traduit déjà par des exigences vis-à-vis des industries de défense qui se heurtent à de grosses difficultés structurelles. « L’augmentation de l’activité et des cadences sont des conséquences à craindre pour les conditions de travail des salariés », ajoute le secrétaire général de la Fédération des établissements et arsenaux de l’État (FEAE). « Pour en tenir compte, il faudra recruter, éviter la dégradation des conditions de travail, attirer et fidéliser par des rémunérations à la hauteur des enjeux. »