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Extrait de l'hebdo n°3995
Le Bureau national des 21 et 22 janvier a adopté les deux avant-projets de résolution du prochain congrès confédéral, mais aussi le rapport d’activité de la mandature 2022-2026.

Bordeaux approche ! Du 22 au 26 juin, la CFDT tiendra son 51e congrès confédéral, au cours duquel les syndicats se prononceront sur le rapport d’activité, c’est-à-dire le bilan des quatre années écoulées. Quatre années riches et intenses, marquées par la lutte contre la réforme des retraites de 2023 ou le changement de secrétaire général à la tête de la Confédération – Laurent Berger ayant cédé sa place à Marylise Léon en juin 2023.
Puis ces mêmes syndicats auront à se prononcer sur non pas un mais deux avant-projets de résolution tels que validés par le Bureau national en janvier. La première résolution acte les évolutions internes qui doivent notamment permettre à toute l’organisation d’être plus proche des syndicats et, in fine, plus efficiente. Selon Jocelyne Cabanal, trésorière confédérale, il s’agit de « déterminer comment on finance réellement la CFDT pour les dix ans à venir dans un contexte qui se durcit vis-à-vis des organisations syndicales ». Cela passera par un débat sur l’évolution de la cotisation. Mais pas que…
Plus généralement, ce texte donne à voir une CFDT qui « ose regarder son fonctionnement et innover pour être encore plus forte demain », estime le secrétaire général adjoint, Yvan Ricordeau.
Le fil rouge de la démocratie
La seconde résolution, quant à elle, fixera la feuille de route revendicative 2026-2030 avec la démocratie comme fil rouge. Fabien Guimbretière, corapporteur de ce texte, veut voir « la démocratie comme une valeur phare de la CFDT qui va prendre d’autant plus de sens lors du prochain congrès se déroulant peu après les élections municipales et juste avant le lancement de la campagne de l’élection présidentielle ». Lydie Nicol, corapporteure de cette résolution, abonde : « On vit, partout dans le monde, un moment de fragilité démocratique. Et on est assez lucides sur le fait qu’en France on n’est épargnés ni par la montée des discours autoritaires ni par la banalisation des idées d’extrême droite. »
Ainsi, sur la base de ce fil rouge, le texte est structuré en deux grandes parties : la première sur la démocratie au travail, la seconde sur la démocratie dans la société. Concernant la démocratie au travail, « on a vraiment ciblé le cœur de l’action syndicale », insiste Lydie, avec la priorité consistant à pouvoir vivre dignement au travail, « avec des revendications autour d’une rémunération juste, d’un emploi de qualité, d’unlogement digne ». Viennent ensuite les questions autour du « bien-vivre au travail » (les conditions de travail, le sens au travail, etc.) avec un focus sur la santé mentale et la prévention – sujet jusqu’à présent assez peu abordé dans le cadre des résolutions confédérales. « Concernant les questions de sens au travail, le texte repose des éléments autour de l’organisation du travail, par exemple avec le droit d’option », ajoute Lydie.
La seconde partie de l’avant-projet de résolution, toujours sous-tendue par l’idée de démocratie, met en avant la défense des droits et des libertés fondamentales « On y réaffirme l’attachement indéfectible de la CFDT à défendre la liberté syndicale, le droit à manifester, la protection de l’État de droit en général ou encore à veiller à l’indépendance de la justice, assure Fabien, et ce, d’autant plus dans la période qui s’ouvre, où ces fondamentaux de notre démocratie peuvent être attaqués ». Parmi les propositions innovantes contenues dans le texte figurent l’élargissement du droit de vote dès l’âge de 16 ans ou du droit de vote pour les étrangers aux élections locales.
Dans cette période politiquement incertaine, « nous reposons aussi le rapport de la CFDT aux politiques en réaffirmant qu’elle n’est pas apolitique mais continuera de mener son combat de toujours contre les idées d’extrême droite », insiste Lydie.
Enfin, ce projet de résolution fait le lien entre transition écologique et protection sociale pour identifier les situations nouvelles liées au changement climatique. C’est pourquoi « nous revendiquons la création d’une sixième branche de la Sécurité sociale », conclut Fabien.
Processus démocratique
Ces deux textes – adoptés par le Bureau national des 21 et 22 janvier, ainsi que le rapport d’activité – seront accessibles à compter du 30 janvier (lire l’encadré). Cette période marque le début d’un processus démocratique lors duquel « le rôle des syndicats est essentiel », insiste Lydie ; jusqu’au 13 mars, il leur revient d’examiner ces textes, d’organiser des débats et de faire des propositions de modification du texte en suggérant des amendements qui seront à déposer sur une plateforme spécifique. « Nous sommes donc dans un moment essentiel, intense mais indispensable afin d’assurer la qualité démocratique du congrès. »

Les premiers textes du 51e congrès
Retrouvez le rapport d’activité et les deux projets de résolution ainsi que tous les documents relatifs au congrès de Bordeaux sur le site cfdt.fr :