“Les essentiels, c’est nous !”

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icone Extrait de l'hebdo n°4017

Qu’ils soient issus du secteur privé ou du public, les syndicats montés en tribune ce mardi matin ont rendu hommage, dans leurs interventions à propos du rapport d’activité, aux travailleurs et à ceux qui se battent à leurs côtés pour défendre leurs droits et leurs emplois… risquant souvent la surchauffe.

Par Anne-Sophie BallePublié le 24/06/2026 à 06h00

Victorien Godart et Sabrina Lecat, du Syndicat Communication Conseil Culture Nord Aquitaine.
Victorien Godart et Sabrina Lecat, du Syndicat Communication Conseil Culture Nord Aquitaine.© Emmanuelle Marchadour

« En terre aquitaine, pays du vin, on sait reconnaître un bon millésime. Toute la question est de savoir si ce cru 2022-2026 mérite l’appellation d’origine contrôlée », lançait le Syndicat Communication Conseil Culture (S3C) Nord Aquitaine à la tribune. Une chose est sûre : les militants ont parfois l’impression d’avoir vécu plusieurs mandats en un seul. Ces représentants du personnel et élus CFDT qui, chaque jour pendant ces quatre dernières années, « ont été en première ligne pour écouter la détresse des salariés, préserver l'emploi, négocier l’urgence malgré le manque de temps et la surcharge de responsabilité », fait remarquer le Syndicat Construction et Bois de Picardie.

Si les interventions saluent les outils de formation à destination des militants et un dispositif ARC arrivé à pleine maturité, devenant un élément indispensable à la montée en compétences, beaucoup alertent sur la fatigue militante et « le besoin absolu de protéger nos délégués syndicaux, représentants du personnel et élus CFDT investis, engagés au quotidien auprès des travailleurs », pointe le S3C Lorraine. La coopération entre structures (de la section syndicale à la Confédération) aura aussi été saluée par nombre d’intervenants à la tribune, comme celle qui a prévalu chez Eurolysine (ex-Metex), assure le Syndicat Chimie Énergie Picardie : « La solidarité, ce n’est pas qu’un slogan, c’est une méthode d’action qui fait ses preuves. » Certains appellent pourtant à davantage de combativité. « Arrêtons de subir, soyons inventifs et n’oublions pas de faire société. Car si la CFDT n’a pas chômé, le résultat reste parfois amer », développe le Syndicat des services de Santé et des services Sociaux du Vaucluse. 

“Les travailleurs vivent-ils mieux qu’il y a quatre ans ?”

Globalement, « nous pouvons être fiers de beaucoup de choses. Mais les travailleurs vivent-ils réellement mieux qu’il y a quatre ans ? C’est à cette seule question qu’il nous faut répondre », assure le Syndicat HTR Île-de-France. Ces travailleurs, ce sont les salariés de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration qui cumulent temps partiels, faibles salaires et pénibilité. Ce sont « ces salariés agricoles invisibilisés alors qu’ils représentent 1,2 million de contrats chaque année ; pour [lesquels] le changement climatique ne se lit pas dans les rapports mais se vit au quotidien », résume le Syndicat Agri-Agro Meurthe-et-Moselle. Ce sont ces infirmières et infirmiers hier qualifiés d’essentiels mais qui sont nombreux aujourd’hui à ne plus pouvoir exercer leur métier ni assurer leurs missions de service public.

Nadia Berghout, du Syndicat francilien des agents de la Sécurité sociale (Sfass).
Nadia Berghout, du Syndicat francilien des agents de la Sécurité sociale (Sfass).© Emmanuelle Marchadour

Ce sont, enfin, « ces salariés des organismes de Sécurité sociale qui subissent une perte considérable de pouvoir d’achat depuis cinq années et chez qui la colère monte », note le Syndicat francilien des agents de la Sécurité sociale (Sfass). Avec un risque, bien réel, assurent les syndicats : engendrer « un profond sentiment d’injustice et de déclassement », autant de réceptacles faciles pour une extrême droite aux aguets. « Les essentiels, c’est nous ! », lâche le Syndicat des Services de la Côte d’Opale sous une salve d’applaudissements ce 23 juin, journée internationale des services publics. Tout un symbole !

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Essentielle, l’élection présidentielle de 2027 le sera également. « Nous devons être prêts, assène le Sfass. Pour être à la hauteur des militants qui ne comptent pas leurs heures à défendre les droits des travailleurs. » Dans un pays où l’extrême droite prospère et « où le risque de victoire en 2027 nous ferait boire le calice jusqu’à la lie, nous ne pouvons que nous accrocher à nos valeurs fondamentales », conclut le Syndicat Métallurgie Île-de-France Sud-Ouest.