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Extrait de l'hebdo n°4017
Si nombre de syndicats se sont dits fiers d’appartenir à une CFDT qui résiste et sait prendre ses responsabilités lorsque les droits des travailleurs sont attaqués, ils ont également alerté sur la fatigue militante qui pointe dans les rangs et rappelé les nombreux défis qui attendent encore l’organisation.

C’est avant tout un sentiment de fierté qui s’est exprimé dans les dernières prises de parole consacrées au rapport d’activité de la mandature 2022-2026. Les syndicats qui sont intervenus à la tribune, ce 23 juin après-midi, ont majoritairement salué les combats menés ces quatre dernières années par leur organisation et les résultats obtenus dans un contexte difficile. Fierté d’appartenir à une organisation qui a tenu face au gouvernement contre la réforme des retraites, qui a conservé en 2025 sa place de première organisation syndicale en France, qui a pris ses responsabilités afin de faire barrage à la progression des idées d’extrême droite, mais aussi fierté d’appartenir à une organisation engagée contre toutes les formes de discriminations. « Le projet de résolution est plein de promesses. Vous pouvez compter sur la CFDT pour défendre vos droits aujourd’hui et demain », a ainsi déclaré le Syndicat EFRP Académie de Créteil. Autant de motifs de satisfaction qui ont rythmé ces interventions et illustré la volonté de poursuivre les combats syndicaux dans les années à venir.
La fatigue militante au cœur des préoccupations
Si le bilan de la mandature écoulée a largement été salué, plusieurs intervenants ont néanmoins alerté au sujet de la fatigue militante qui pèse sur les équipes syndicales. « Le temps militant est une ressource rare qu’il faut préserver pour ne pas s’épuiser », a souligné le Syndicat régional des Services de Basse-Normandie. Le besoin de renforcer la formation des militants est revenu à plusieurs reprises lors des prises de parole. « La formation syndicale n’est pas une option, c’est une urgence ! », a plaidé le Symef CFDT.

Ils ont également été nombreux à demander à la Confédération et aux fédérations de poursuivre leurs efforts en vue de fournir aux militants les outils nécessaires au combat des idées d’extrême droite qui se diffusent dans leurs entreprises. « Les formations aux valeurs de la CFDT doivent être renforcées et rendues obligatoires. Pour faire vivre un syndicat, l’argent ne fait pas tout. Il faut des militants formés et engagés », a estimé le Syndicat Métallurgie Aquitaine. Plusieurs organisations ont d’ailleurs salué le travail déjà effectué en la matière. « Nous remercions la Confédération pour les très bons outils qui nous aident à lutter sur le terrain », a notamment indiqué le Syndicat métallurgie Normandie.
Des enjeux majeurs pour les prochaines années
La majorité des syndicats ont annoncé qu’ils voteraient favorablement le rapport d’activité, tout en soulignant l’ampleur du travail qu’il reste à accomplir pour améliorer les conditions de travail de salariés toujours plus exposés, renforcer le pouvoir d’achat ou encore répondre aux enjeux de la transition écologique, du déploiement de l’intelligence artificielle. « Les défis sont encore immenses », a insisté le S3C Isalpin.
La CFDT Métallurgie a pointé les risques de désindustrialisation. « L’industrie française est fragilisée. Les plans sociaux se multiplient dans notre secteur. Après la production, ce sont désormais la recherche-développement et l’ingénierie qui partent en Chine et en Inde, alors même que les entreprises continuent de percevoir des aides publiques », a-t-elle dénoncé.
Dans le secteur de la recherche, les inquiétudes sont similaires. « Le climat, la santé, la démocratie : tout cela repose sur la recherche publique. La CFDT doit en faire une priorité revendicative. Si nous voulons défendre la démocratie, nous devons défendre les moyens matériels de la connaissance », a affirmé le Sgen CFDT Recherche EPST.

Selon le Syndicat Commerce et Services du Rhône, l’avenir de l’organisation passe aussi par son renouvellement : « Être syndicaliste, c’est dire ce qui doit changer. La CFDT doit ouvrir davantage ses portes, continuer à donner des responsabilités aux jeunes, et elle doit s’efforcer de ressembler davantage aux travailleurs qu’elle représente. »
Entre satisfaction du travail accompli et lucidité quant aux défis à relever, les interventions ont dessiné les contours d’une organisation déterminée à poursuivre son action tout en préparant son renouvellement.