Les aspirations de la génération Z

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icone Extrait de l'hebdo n°3992

Quelles sont les principales aspirations de la génération née entre 1997 et 2012 vis-à-vis du travail et de l’entreprise ? Cette question était au cœur d’un colloque organisé par la Plateforme RSE, le 5 décembre, en partenariat avec l’Université Paris Dauphine-PSL.

Par Emmanuelle PiratPublié le 06/01/2026 à 14h00

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© Syndheb

En quoi les aspirations et le rapport au travail de la « Gen Z » sont-ils différents de ceux de leurs aînés ? Les engagements en matière de RSE des entreprises font-ils la différence auprès d’eux ? Telles sont les questions qui ont animé une matinée d’échanges organisée par la Plateforme RSE1, en décembre dernier. En amont de la conférence, des groupes de travail associant de jeunes étudiants volontaires avaient défriché le terrain. Lors de deux tables rondes, ils ont partagé leurs constats, leurs attentes spécifiques et les mettre en débat. Plusieurs enseignements clés en sont ressortis.

Plus de transparence, moins de verticalité

Tout d’abord, en matière de gouvernance et de relations managériales, la génération Z exprime une nette aspiration à davantage de transparence et à moins de verticalité. « On dit que nous sommes paresseux, que nous n’avons pas envie de nous impliquer, mais comment cela se pourrait-il si les décisions sont toujours prises par les mêmes petits cénacles, et de manière totalement opaque ? », remarque une étudiante. Un autre évoque le besoin de participer activement : « Nous ne voulons pas simplement être des salariés qui obéissent et exécutent mais des salariés actifs, qui peuvent proposer, et dont la voix va être prise en compte. »

L’organisation du travail et les équilibres de vie apparaissent aussi clairement comme un sujet clé. Le besoin « que le travail n’empiète pas sur notre vie personnelle » a été exprimé de manière récurrente ; de même qu’une forte aspiration au « droit à la déconnexion ». En matière de rémunérations, un plus haut niveau de transparence a également été mis en avant. Enfin, les questions éthiques et le besoin de sens ont été évoqués par plusieurs participants – même si, selon la nature des diplômes, ils ne renvoient pas aux mêmes réalités.

Ainsi, Martin Deville, salarié d’ATD Quart Monde, a rappelé la situation des jeunes de milieux défavorisés. « L’une des aspirations de ces jeunes, c’est déjà de pouvoir choisir le métier qu’ils veulent exercer, et non d’être assigné à tel ou tel. La plupart du temps, ils ne peuvent pas choisir leur orientation. » Il a par ailleurs souligné l’attention qu’il convient d’accorder à l’intégration en entreprise de ces jeunes en particulier, « pendant ce moment crucial de l’onboarding, où beaucoup de choses se jouent. C’est une période très délicate parce qu’ils n’ont pas forcément les codes ». Cela dit, que ces jeunes soient en situation de pauvreté ou mieux dotés socialement et financièrement, ils partagent tous cette aspiration à « être considérés », à obtenir un emploi « où l’on est respecté ».

Des aspirations qui dépassent le cadre de la RSE

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

Alors, de telles aspirations sont-elles si différentes de celles des générations précédentes ? Pas tant que cela, défend Hélène Sancerres, enseignante en Master à Sciences Po, qui considère que « ces attentes ne sont pas tant une révolution générationnelle qu’une évolution de la société en général. Elles sont désormais partagées par la majorité des gens dans le monde du travail. Nous ne reviendrons pas en arrière sur la flexibilité, les équilibres vie pro et vie perso, etc. ». Selon Antoine Laurent, délégué général de la Fédération des entreprises d’insertion, « les attentes exprimées par les jeunes sont bien plus larges que les sujets RSE2 ». Lors de la clôture la conférence, la synthèse des recommandations et propositions que les jeunes ont rédigée a été remise à Clément Beaune, le Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan.