“ Le télétravail était parfois considéré comme un congé déguisé ”

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Les codes du monde nouveau

Alexandre Vernier est militant CFDT chez Bel 
Centre-Val de Loire.

Par Claire Nillus— Publié le 26/11/2021 à 10h16

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Comment le télétravail s’est-il déployé dans le groupe Bel ?

La société procédait par phases. Il y a eu un premier accord, en 2015, autorisant un jour télétravaillable par semaine (deux pour les plus de 55 ans). Il concernait le personnel du siège francilien uniquement. Mais le télétravail était un jour difficile à gérer, encore considéré comme une sorte de congé déguisé par certains managers ou collègues.

Puis, en 2019, nous avons obtenu une expérimentation de travail à distance pour les salariés des deux centres de recherche du groupe, situés l’un dans le Jura, l’autre dans le Loir-et-Cher. Nous voulions tester les tâches pouvant être réalisées à distance, indépendamment du statut du salarié, cadre ou non. Cependant, les directions des sites de production étaient toujours sceptiques, et nous n’avons pas pu étendre l’accord au personnel des usines. Cette phase pilote devait prendre fin en septembre 2020. Entre-temps, la pandémie est arrivée.

Qu’est-ce qui a changé avec le confinement ?

En mars 2020, 100 % des fonctions administratives ont basculé partout en télétravail, y compris dans les usines. Tous ceux qui ont télétravaillé pendant le confinement sont devenus éligibles depuis, y compris les ouvriers travaillant dans des bureaux. Alors, au printemps 2021, la direction a demandé à négocier un nouveau cadre de télétravail pour l’ensemble du groupe, cette fois. Le télétravail est enfin accepté comme une organisation de travail à part entière.