Le Défenseur des droits alerte sur les discriminations dans l’emploi

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icone Extrait de l'hebdo n°3992

Les résultats du 18e baromètre des discriminations dans l’emploi dressent un état des lieux inquiétant. Menée par le Défenseur des droits, en partenariat avec l’Organisation internationale du travail, cette enquête révèle le peu de progrès réalisé entre 2016 et 2024.

Par Jérôme CitronPublié le 06/01/2026 à 14h00

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© Défenseur des droits - DR

L’accès à l’emploi demeure, année après année, le domaine où les discriminations sont les plus fortement ressenties et vécues par la population, selon la dix-huitième édition du baromètre du Défenseur des droits réalisé en partenariat avec l’OIT. Ainsi, 43 % des actifs pensent qu’il existe souvent des discriminations dans la recherche d’emploi et 29 % qu’il existe souvent des discriminations dans le déroulement de carrière. Ces taux sont quasi stables entre 2016 et 2024. Les critères de discrimination le plus fréquemment cités sont le sexe, l’âge, la grossesse, l’origine supposée ou la couleur de la peau, la religion, l’état de santé et le handicap.

Des questions inopportunes

Ainsi, en 2024 comme en 2016, une personne sur deux déclare avoir fait l’objet de questions personnelles concernant un critère protégé par la loi (sexe, religion, apparence physique, nationalité, orientation sexuelle) lors d’un entretien d’embauche, d’un concours de la fonction publique ou d’un entretien d’évaluation. Selon l’étude, les jeunes sont souvent interrogés sur leur âge, leur apparence physique, leur quartier de résidence – et les jeunes femmes sur leurs projets de parentalité. Les personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines sont, quant à elles, neuf fois plus souvent interrogés à propos de leur origine ou de leur couleur de peau que celles perçues comme blanches.

Les propos ou comportements stigmatisants apparaissent en forte augmentation. Ainsi, 34 % des personnes interrogées déclarent en avoir fait les frais en 2024, contre 25 % en 2016. Tous les types de comportements et propos sont concernés : 20 % des actifs déclarent avoir fait l’objet de comportement et propos sexistes (14 % en 2016), racistes (11 % contre 9 % en 2016), handiphobes (9 % contre 5 %), homophobes (7 % contre 3 %) ou liés à la religion (7 % contre 5 %).

Cette augmentation des taux pourrait avoir deux significations ; soit une dégradation de l’environnement de travail, soit une prise de conscience accrue parmi les actifs du caractère discriminatoire de certains propos. Quoi qu’il en soit, ils révèlent un malaise grandissant.

Une plus forte sensibilité aux discriminations

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

Ce 18e baromètre montre également que le sujet des discriminations a évolué au fil du temps. En 2024, les personnes jeunes (âgées de 18 à 24 ans) et les personnes non hétérosexuelles sont plus nombreuses que celles des autres groupes sociaux à considérer que des personnes sont « souvent » discriminées, tant dans la recherche d’emploi que dans le déroulement de carrière. Or l’avis de ces deux groupes sociaux ne se distinguait par des autres groupes en 2016…