Le cancer causé par le chlordécone enfin reconnu comme maladie professionnelle

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iconeExtrait de l’hebdo n°3806

Utilisé aux Antilles dans les bananeraies et interdit depuis seulement 1993 dans les Drom, le chlordécone y a infiltré les sols pour des centaines d’années. Sa toxicité est enfin reconnue comme une atteinte à la santé des travailleurs ; la population adulte de Guadeloupe et Martinique (contaminée à 90 %) présente l’un des plus forts taux du monde de cancers de la prostate, selon Santé publique France.

Par Claire Nillus— Publié le 06/01/2022 à 09h13

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© Sophie Dauwe/Reporters-RÉA

1. Commission supérieure des maladies professionnelles en agriculture.

Après des années de bataille sociale et syndicale, un décret publié le 22 décembre 2021, crée les conditions de reconnaissance de ce type de cancer comme maladie professionnelle en s’appuyant sur les études Anses et Inserm mais également sur les travaux de la Cosmap1 – auxquels participe la CFDT-Agri-Agro.

Fonds d’indemnisation

Le tableau d’exposition aux pesticides est désormais élargi aux dégâts provoqués par le chlordécone (insecticide organochloré) lors de son emploi, sa manipulation, par inhalation, par contact avec les cultures, les surfaces, l’entretien des machines permettant son application. Les travailleurs concernés pourront désormais bénéficier du fonds d’indemnisation créé en 2020 et destiné aux personnes atteintes de maladies liées aux pesticides, à condition d’avoir été exposé au chlordécone pendant au moins dix ans. Le délai de prise en charge au moment du diagnostic est quant à lui fixé à quarante ans au maximum.

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

« Les personnes éligibles peuvent dès à présent se rapprocher de leurs caisses de Sécurité sociale (caisses de MSA, caisses d’assurance-accidents agricole en Alsace-Moselle ou caisses générales de Sécurité sociale en outre-mer) pour déposer une demande d’indemnisation », a indiqué le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. En revanche, il n’a pas communiqué sur le nombre de personnes qui auront accès à ce fonds d’indemnisation. De fait, le nombre de dossiers éligibles n’est pas encore connu. Par conséquent, le montant des indemnisations (entre environ 1 000 et 19 000 euros par personne et par an) ne l’est pas non plus.