Laboratoires Biofusion : Quand la CFDT s’en mêle abonné

Deux adhérentes créent une section CFDT à l’occasion des élections du comité social et économique, organisent un nouveau rapport de force et obligent la direction à négocier des avancées sociales. On dit bravo !

Par Claire NillusPublié le 07/12/2020 à 14h56

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« Vous nous avez portées tout au long de ce combat, il était hors de question que l’on sorte de la salle de négociation sans avoir obtenu quelque chose. » La déléguée syndicale Catherine Bellenoue se souvient du soulagement ressenti et des mots adressés aux salariés de Biofusion, un laboratoire de biologie médicale situé à Montauban (Tarn-et-Garonne, 82), au terme d’une grève d’une semaine. Sept jours qui comptent : pour la première fois, le personnel a osé exprimer son ras-le-bol en vue d’obtenir, notamment, une revalorisation des salaires. « Il a fallu jeter toutes nos forces dans la bataille », confie Catherine. D’abord déléguée du personnel sans étiquette chez Proxilab, un laboratoire d’analyse de moins de 50 salariés, cette infirmière s’est syndiquée en octobre 2018 lorsqu’elle a appris que son entreprise allait être absorbée par Biofusion, une structure beaucoup plus grosse – en l’occurrence, 180 salariés répartis dans une vingtaine de sites et trois départements (Lot, Lot-et-Garonne et Tarn-et-Garonne). « Là, on changeait d’échelle, il nous fallait l’appui d’un syndicat. »

L’absence de vraie politique des ressources humaines

Bien que nettement plus grand, Biofusion n’était pas plus compétent en matière de gestion du personnel. « Depuis vingt ans, tous ces laboratoires, au départ de petites unités créées par des biologistes, n’ont cessé de fusionner les uns avec les autres sans qu’une véritable politique de ressources humaines ne suive », fait remarquer Catherine. Chez Biofusion, aucune négociation annuelle obligatoire (NAO) n’avait eu lieu avant 2020, l’entreprise ne possédait pas de BDES (base de données économiques et sociales) et il n’y existait aucune organisation syndicale. Bien avant que n’éclate la crise sanitaire, les conditions de travail n’étaient pas bonnes : bas salaires, polyvalence à marche forcée, déshumanisation des relations au sein des équipes éclatées au gré des changements de plannings et de sites, etc. La direction semblait n’avoir aucune culture du dialogue social…

En arrivant au début de 2019, Catherine a donc rapidement fait savoir qu’elle comptait présenter une liste CFDT aux élections du CSE. « Les anciens de la délégation unique du personnel ont alors monté une liste CGT. Ils étaient connus de tous ici et ont emporté 62,89 % des voix ; nous, bien que toutes nouvelles, avec 37,11 %, nous avions quatre sièges de titulaires au CSE et deux de suppléants. Avec l’appui du Syndicat santé-sociaux du Tarn-et-Garonne, nous nous sommes jetées à l’eau. »

Une prime “goutte d’eau”… qui fait…

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