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Extrait de l'hebdo n°3996
Fin janvier, le groupe bancaire a annoncé 1 800 suppressions de postes sans départs contraints d’ici à 2027. Les syndicats, qui dénombrent déjà 4 600 suppressions depuis la fin de l’année 2024, sont sur le qui-vive.

C’est une pièce en trois actes qui se joue actuellement à la Société Générale, et un nouveau signal de l’accélération de la réorganisation massive du secteur bancaire français. Après une année 2025 marquée par la modification des règles du télétravail – ramené à un jour par semaine – et la signature, à la mi-décembre 2025, d’un nouvel accord sur l’emploi1, le groupe annonçait le 22 janvier son intention de supprimer 1 800 postes en France d’ici à 2027. Cette réorganisation, motivée par la volonté de « simplifier [ses] modes de fonctionnement et les rendre plus efficaces et plus agiles », affirme la direction dans un communiqué, doit s’appuyer sur des « départs naturels » et de la « mobilité interne ».
Un coup dur pour la CFDT, qui ne se dit pas tant surprise par l’annonce que par « l’ampleur du nombre de suppressions. Nous pensions qu’il y aurait des ajustements, explique Johanna Delestré, déléguée syndicale nationale CFDT Société Générale. Mais nous venons déjà de traverser une fusion dans le réseau et deux plans dans les services centraux ». En février 2024, la Société Générale avait déjà procédé à 900 suppressions de postes (soit 5 % des effectifs du siège) dans le cadre d’un plan de réduction des coûts. Ces coupes faisaient suite aux 3 700 réductions d’emplois opérées entre 2023 et 2025, liées à la fusion des réseaux Crédit du Nord et Société Générale. Si ce nouveau projet arrivait à son terme, ce serait donc, in fine, près de 6 500 postes supprimés par la banque en quatre ans.
Un calendrier et des attentes
Si ce projet s’inscrit dans la continuité de la stratégie d’externalisation et de simplification de son organisation, l’impact sur l’emploi d’une telle accélération dans le process de réorganisation inquiète fortement. Voilà plusieurs années que la CFDT réclame à la direction de privilégier l’investissement dans la formation et la reconversion plutôt que les départs. « Clairement, la rupture conventionnelle collective [de 2024] n’a pas permis d’anticiper les formations ou de favoriser certaines mobilités, poursuit Johanna. Aujourd’hui, la direction doit être à la hauteur de ses engagements afin de garantir un reclassement convenable des salariés. Les départs naturels et les créations de postes ne se produiront pas nécessairement là où les suppressions sont prévues, ce qui doit constituer un enjeu majeur pour l’accompagnement social de ce plan. »
Côté calendrier, une première réunion a eu lieu en CSE central, et un expert a été désigné, comme c’est le cas à chaque fois qu’un plan de transformation est lancé à la Société Générale. Le rapport de l’expert est attendu début avril au plus tard.