Temps de lecture 4 min
Extrait de l'hebdo n°4018
Les modifications statuaires de la Caisse nationale d’action syndicale, adoptées le mercredi 24 juin, renforcent sa vocation en matière de solidarité financière au bénéfice des adhérents mais aussi entre organisations CFDT.

Trop souvent réduite à une « caisse de grève », la Cnas est bien plus que cela. « [C’est] l’outil politique qui permet de donner une réalité concrète au syndicalisme CFDT en permettant, lorsque la négociation n’est plus suffisante, de résister », précise sa trésorière, Jocelyne Cabanal. C’est notamment le cas avec l’indemnisation des jours de grève ou la prise en charge des frais de justice. La Cnas se révèle être aussi, plus que jamais, « un outil de solidarité et d’émancipation ».
C’est là tout le sens des modifications statutaires approuvées à 93,86 % : l’article 1er affirme ainsi clairement que « la Cnas constitue un outil confédéré de solidarité financière entre les adhérents et les organisations affiliées à la CFDT ».
La défense de la démocratie
De même, l’article 2 (consacré aux buts de la Cnas) a été mis à jour précisément parce qu'elle est « soucieuse des attaques contre les droits fondamentaux, contre l’État de droit et contre la démocratie. Et a donc également pour objet d’assurer un secours quant aux conséquences financières des préjudices subis individuellement ou collectivement par des adhérents CFDT et causés par toute action d’un pouvoir politique ou de toute organisation, groupe ou mouvement aux fins de menacer la démocratie ou les droits fondamentaux. […] Elle a également pour objet de prendre en charge les conséquences financières des préjudices subis individuellement ou collectivement par des adhérents CFDT et causés par l’action ou les actions d’un pouvoir politique en contradiction avec les valeurs défendues par la CFDT ».
La nécessaire gratuité de la justice
La solidarité, valeur cardinale de la CFDT, est quant à elle renforcée par l’inscription dans l’article 4 du « remboursement forfaitaire de la “contribution pour l’aide juridique” due pour toute instance introduite devant le conseil de prud’hommes ». Cette évolution des statuts confirme ainsi que « l’accès à la justice est un droit fondamental qui doit être ouvert à tous et non pas réservé à ceux qui en ont les moyens ! », insiste Jocelyne.
Quid de la grève déclenchée sur un mot d’ordre confédéral ?
Si les grèves générales sur d’un mot d’ordre confédéral sont toujours exclues de l’indemnisation des jours de grève par la Cnas, des circonstances politiques majeures peuvent conduire le comité de gestion à proposer au Conseil national confédéral une motion de prise en charge exceptionnelle – comme cela fut le cas en 2023 lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. L’article 6 des statuts confirme ce principe en précisant désormais que « se trouvent exclues de toute intervention de la Cnas les grèves et mobilisations générales se situant dans le cadre d’un mot d’ordre confédéral sauf cas exceptionnels ».
En tout état de cause, insiste la trésorière confédérale, « c’est le comité de gestion de la Cnas qui déterminera si la situation est ou non exceptionnelle », avant de conclure : « Nous pouvons collectivement être fiers de la Cnas, la CFDT est le seul syndicat français à disposer d’une telle caisse permanente de solidarité au service de ses adhérents ! »