La CFDT se prononce en faveur du PLFSS 2022

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iconeExtrait de l’hebdo n°3793

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 est encore fortement marqué par la crise sanitaire, avec un déficit prévu de 21,4 milliards d’euros. Cependant, le texte comporte des mesures très positives, a relevé la CFDT, qui s’est prononcée favorablement lors des avis donnés dans les caisses de Sécurité sociale.

Par Jérôme Citron— Publié le 05/10/2021 à 12h00

Une mesure forte du PLFSS 2022 : l’instauration d’un prix plancher égal à 22 euros l’heure s’imposant sur tout le territoire national en matière de services de soins à domicile – ce qui rend enfin possible une meilleure reconnaissance des personnels concernés.
Une mesure forte du PLFSS 2022 : l’instauration d’un prix plancher égal à 22 euros l’heure s’imposant sur tout le territoire national en matière de services de soins à domicile – ce qui rend enfin possible une meilleure reconnaissance des personnels concernés.© Frédéric Maigrot/RÉA

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 se veut un PLFSS de sortie de crise. Le déficit prévu de 21,4 milliards en 2022 reflète, de fait, une amélioration de la situation financière des régimes par rapport à 2021 (– 34,5 milliards) et 2020 (– 38,7 milliards). Un mieux financier qui s’explique par la reprise économique et non par des mesures d’économies. À sept mois de l’élection présidentielle, le gouvernement a bien insisté, lors de la présentation du texte, sur le fait qu’il n’était pas demandé au système, cette année, de se serrer la ceinture.

De nombreuses avancées pour les assurés sociaux

« Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu un texte avec autant d’avancées pour les assurés sociaux », se réjouit Jocelyne Cabanal,  secrétaire nationale chargée de la protection sociale. Gratuité de la contraception des femmes jusqu’à 25 ans, simplification d’accès à la complémentaire santé solidaire des bénéficiaires du RSA et du minimum vieillesse, mesures spécifiques de lutte contre l’obésité infantile, généralisation de l’intermédiation en matière de pensions alimentaires, retraite complémentaire progressive pour les travailleurs au forfait jours… : la plupart de ces mesures avaient déjà été annoncées ces derniers mois. Aucune surprise, donc, mais aucune mauvaise surprise non plus. Ce qui avait été promis se retrouve dans le texte.

L’heure n’est donc pas aux économies du côté de l’exécutif. D’autant que l’on retrouve aussi dans ce projet de loi la déclinaison des mesures décidées lors du Ségur de la santé ainsi que les engagements de la mission Laforcade pour le secteur médico-social afin de mieux reconnaître et valoriser les métiers. Selon la CFDT, c’est une reconnaissance indispensable des professionnelles du secteur, qui doit s’élargir encore à certains métiers du médico-social non pris en compte dans ces deux accords, mais ces métiers devraient être à l’honneur de la conférence sociale sur le sujet.

Les services de soins à domicile mieux reconnus

Alors que le quinquennat s’achève sans qu’une grande loi relative à l’autonomie ne soit votée, le gouvernement a manifestement voulu acter quelques avancées dans ce secteur à travers ce PLFSS. La mesure la plus forte est certainement l’instauration d’un prix plancher égal à 22 euros l’heure qui va s’imposer à l’ensemble des départements en matière de services de soins à domicile. De quoi donner un peu d’oxygène à ce secteur exsangue qui peine à recruter vu les conditions de travail proposées.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef-adjoint de CFDT Magazine

À cela s’ajoute un effort supplémentaire pour renforcer la médicalisation des Ehpad. « Ces mesures sont positives, même si la loi promise sur l’autonomie et le grand âge reste un rendez-vous manqué », résume Jocelyne Cabanal, qui insiste d’ailleurs sur la nécessité de trouver à l’avenir de nouveaux financements pérennes pour notre système de protection sociale – notamment la cinquième branche, qui se projette déjà en déficit pour 2022.