La CFDT réunit un comité d’experts en sciences sociales

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iconeExtrait de l’hebdo n°3801

Pour une meilleure compréhension de la crise Covid et son impact sur la population, la CFDT a décidé de mettre en place un comité d’experts en sciences sociales. Paritaire et interdisciplinaire, ce comité rassemble douze chercheurs de renom, avides de travailler avec une organisation syndicale et de redonner toute sa place aux sciences sociales dans l’action publique.

Par Jérôme Citron— Publié le 30/11/2021 à 13h00

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Pour la CFDT, c’était une évidence. Dès les premières semaines de la crise sanitaire, et alors que la population vivait un moment aussi inattendu que bouleversant, il fallait créer, à l’instar du conseil scientifique, un comité d’experts en sciences sociales afin d’appréhender les conséquences de la pandémie sur la population. Malgré ses appels maintes fois répétés au fil des rencontres avec l’exécutif ou dans les médias, aucune suite n’a été donnée à cette revendication. Face à ce silence assourdissant et ce besoin prégnant de comprendre les transformations en cours dans la société, la CFDT s’est donc résolue, avec l’appui de la Fondation Jean Jaurès, à créer ce comité d’experts. Sa première note, collective, a été présentée le 26 novembre.

Le vécu de la population sous différents angles

C’est sur la notion de fatigue que ces chercheurs ont décidé d’entamer ce travail en commun. Un thème transversal qui s’est imposé au fil des rencontres. Fatigue démocratique, militante, psychique… : chacun de ces universitaires a proposé un petit texte en fonction de sa sensibilité et de la nature de ses recherches, l’ensemble formant une note collective à la fois diverse et d’une grande cohérence qu’il est très facile de s’approprier. « Nous voulons proposer des angles différents pour comprendre ce que vit la population », résume la sociologue Jeanne Lazarus au nom du comité d’experts. L’idée est de montrer que les sciences sociales peuvent apporter un point de vue, susciter le débat, guider une politique publique. « Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que nos travaux soient si peu partagés », renchérit l’historien Patrick Boucheron.

Trois autres notes sont prévues au premier semestre 2022. La première – écrite par la psychanalyste et philosophe Hélène L’Heuillet et le philosophe Frédéric Worms – sera consacrée à notre rapport au temps. La deuxième, écrite par le sociologue Henri Bergeron, s’interrogera sur la confiance des dirigeants dans les administrations. La troisième sera écrite par l’anthropologue et psychologue Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky et un collectif d’associations ; son thème : la volonté politique dans la résolution des crises en partant de l’exemple du logement des migrants.

Faire progresser la connaissance et nourrir le débat

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

Ces notes n’auront pas toutes un format identique et ne déboucheront pas forcément sur des revendications précises, prévient le collectif. L’idée n’est pas de construire un programme politique ou syndical mais bien de faire progresser la connaissance, la diffuser et nourrir le débat. « Un travail avec le monde de la recherche qui a toujours été dans l’ADN de la CFDT », résume Laurent Berger.