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Extrait de l'hebdo n°4028
Salaires, parcours professionnels, emploi : la Fédération générale des Mines et de la Métallurgie a ouvert plusieurs négociations avec l’UIMM. La priorité : préserver les équilibres de la nouvelle convention collective et gagner de nouveaux droits bénéficiant aux salariés.

La négociation est engagée. Depuis le 8 septembre, la FGMM CFDT échange avec les autres organisations syndicales représentatives de la branche (CGT, FO et CFE-CGC) et l’UIMM, l’organisation patronale de la métallurgie, à propos de la revalorisation des minima conventionnels de branche et la négociation portant sur les entretiens de parcours professionnels. Ces deux dossiers essentiels pour la fédération sont directement liés au pouvoir d’achat et aux perspectives d’évolution de carrière dans un secteur impacté par de nombreux plans sociaux et une forte concurrence internationale. Après un premier échange, le 8 septembre, les partenaires sociaux doivent de nouveau se retrouver le 6 octobre afin d’avancer sur ces sujets.
Maintenir le pouvoir d’achat des salariés
En ce qui concerne les salaires, l’urgence est consécutive à la hausse du Smic (2,41 %) de juin dernier : deux coefficients de la grille de la métallurgie sont désormais passés sous le niveau du salaire minimum légal. Selon la CFDT, il faut donc rapidement revaloriser les minima conventionnels afin de remettre la grille en conformité avant le 31 décembre 2026, mais aussi éviter son tassement. « Notre revendication est simple : nous voulons revenir à l’esprit de la négociation de la convention collective de 2024 », résume Stéphane Maciag, secrétaire général de la FGMM CFDT.
La fédération veut également faire de la négociation relative à l’entretien de parcours professionnel l’occasion de gagner de nouveaux droits, au-delà de la simple transposition de la loi du 24 octobre 2025. Celle-ci modifie notamment la périodicité des entretiens professionnels – en prévoyant un nouvel entretien dès la première année d’embauche puis des entretiens tous les quatre ans, au lieu de deux actuellement. Selon Stéphane Maciag, « c’est trop juste ». La FGMM demande donc qu’un entretien supplémentaire puisse être proposé aux salariés qui le souhaitent et que les questions de classification, de fiche d’emploi et d’évolution de carrière soient abordées lors de chaque entretien, dès le début de la carrière. « C’est un sujet crucial qui s’inscrit dans une démarche de progression professionnelle et rejoint, là encore, l’esprit de la nouvelle convention collective nationale. »
Anticiper les transformations de l’emploi
Enfin, la négociation à venir sur l’emploi permettra d’élargir le champ des discussions. La CFDT souhaite y aborder la reconnaissance des compétences et la sécurisation des parcours professionnels, mais aussi plusieurs enjeux liés aux transformations de la branche : l’insertion des jeunes et des salariés éloignés de l’emploi, la place des seniors, le développement de passerelles entre secteurs professionnels ainsi que les conséquences de l’intelligence artificielle et du changement climatique sur les métiers et les compétences.
« Sur ces thématiques et l’emploi, nous avons dégrossi le sujet et donné nos grandes lignes, mais ce sont des négociations qui aboutiront dans six mois à un an », explique Stéphane Maciag. Il rappelle qu’en matière de formation professionnelle et d’alternance, l’accord du 8 novembre 2019 court jusqu’à la fin 2027. « Il y a donc obligation de renégocier ! Sur l’emploi, nous devons imaginer des dispositifs qui permettent de passer d’un secteur en difficulté (automobile, métallurgie) à un autre qui recrute comme la défense ou l’aéronautique. » Pour la FGMM CFDT, il est important de ne pas attendre que les transformations soient à l’œuvre pour accompagner les salariés. Reconnaissance des compétences, formation, mobilité et sécurisation des parcours doivent permettre à chacun de conserver ou de retrouver une place au sein d’une industrie en pleine évolution.
“Tout ne se joue pas à Matignon”
Ces négociations s’inscrivent dans un contexte de forte tension sur le pouvoir d’achat, affirme Marylise Léon dans un entretien à Libération daté du 18 septembre. Alors que le gouvernement s’apprête à défendre devant les parlementaires un budget 2027 difficile, elle rappelle que la responsabilité en matière de salaires incombe d’abord aux employeurs. « La question centrale est effectivement celle du pouvoir d’achat. Mais ça ne se joue pas à Matignon. Quand on parle de salaire dans le privé, je me tourne vers les employeurs, qui doivent prendre leurs responsabilités. La négociation salariale dans les branches et les entreprises, c’est le meilleur moyen d’avoir un salaire qui reconnaît le travail réel », conclut la secrétaire générale de la CFDT.