Inès Minin, la ténacité et l’énergie

temps de lectureTemps de lecture 4 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3832

Après douze années à la Confédération, dont huit avec le statut de secrétaire nationale, Inès Minin, 41 ans, part vers d’autres horizons. Son parcours force l’admiration.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 17/06/2022 à 12h00

image
© Cyril Entzmann/Divergence

En mai 2009, à 28 ans, elle organisait un rassemblement de 30 000 jeunes à La Courneuve en tant que présidente de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). Et se fit alors remarquer par un certain François Chérèque. Après un court passage au cabinet de Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse, elle est recrutée à la Confédération comme déléguée jeunes. Convaincue qu’une organisation telle que la CFDT doit donner toute leur place aux jeunes, elle cherche rapidement à innover… voire à bousculer. En binôme avec Thiébaut Weber, elle met sur pied des événements tels que le WTF (rassemblement de 2 000 jeunes, dont 1 200 non-adhérents, le 1er mai 2015), les sessions Effervescence(s), vivier de futurs jeunes responsables de l’organisation. Elle sera également à l’initiative des enquêtes Focus Jeunes. Bref, avec elle, la dynamique jeunes est relancée.

“Tout le monde aime voir Inès”

Son énergie et son impressionnante capacité de travail lui valent d’ailleurs d’intégrer la Commission exécutive auprès de Laurent Berger lors du congrès de Marseille, en 2014, quatre ans tout juste après son arrivée à la Confédération. Sa pile de dossiers : les jeunes, les saisonniers, les rémunérations mais aussi les TPE. Avec son goût du contact et sa facilité à nouer des relations, elle est très appréciée des militants.

Chaque été, à la faveur des campagnes saisonniers, elle a sillonné la France. Des déplacements qu’elle n’aurait manqués sous aucun prétexte… et particulièrement celui en Corse, où elle est attendue chaque année. « C’est le rendez-vous incontournable. Même lorsque l’invitation tombait pendant ses vacances, elle s’y rendait », témoigne la secrétaire confédérale Sophie Marzouki, qui a été son assistante politique pendant quatre ans. « À chaque fois qu’une structure nous a invitées, nous n’avons jamais dit non ! », témoigne Marie Bretonnière, la secrétaire confédérale chargée des Jeunes et la grande complice d’Inès dans ses déplacements.

Un sens très développé de l’altérité

Ce goût du contact, de la proximité avec les militants ainsi que sa profonde humanité sont quelques-unes des grandes qualités d’Inès Minin. Laurent Berger le confirme : « Inès est une vraie militante de l’Éducation populaire, où l’on apprend avec et par les autres. Elle fait partie de ces personnes qui considèrent vraiment l’autre. » Ces deux dernières années, parallèlement à ses fonctions de secrétaire nationale et au prix d’un travail acharné, elle a préparé un MBA1. Tout juste diplômée, elle est prête pour de nouvelles aventures… intellectuelles et humaines, bien entendu !