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Hôtel Nhow : soudés dans l’adversité

Rouvert en 2018 après une rénovation complète, cet hôtel, qui accueille à la fois des touristes et des séminaires d’entreprise, prépare la nouvelle saison estivale. Jusqu’à présent, il a pu compter sur une trésorerie solide pour faire face.
Rouvert en 2018 après une rénovation complète, cet hôtel, qui accueille à la fois des touristes et des séminaires d’entreprise, prépare la nouvelle saison estivale. Jusqu’à présent, il a pu compter sur une trésorerie solide pour faire face.© Patrick Gherdoussi

iconeExtrait du magazine n°474

Le Nhow Marseille est à l’image du secteur de l’hôtellerie dans le sud de la France. Depuis plus d’un an, cet établissement de 150 chambres s’adapte au jour le jour aux consignes sanitaires. S’il a donc dû fermer lors du premier confinement, la saison estivale qui a suivi a été une pure folie. Les Français qui ne pouvaient pas séjourner à l’étranger ont investi la ville, mais cette parenthèse enchantée n’a été que de courte durée…

Par Jérôme Citron— Publié le 28/05/2021 à 08h10

Pour les 107 salariés, le deuxième confinement a finalement été plus difficile à vivre. Entre chômage partiel, inquiétude quant à l’avenir et lassitude, ils attendent aujourd’hui la reprise avec impatience, même s’il devient difficile de se projeter face à cette crise qui semble ne pas en finir. À tour de rôle, ils viennent travailler pour quelques clients qu’il faut servir en chambre. Dans ces métiers habitués au coup de feu du service et au contact avec la clientèle, ce faux rythme pèse, même si la qualité du dialogue social a permis de conserver l’ensemble des emplois.

Avec près d’un salarié sur deux adhérent et 90 % aux dernières élections professionnelles, la CFDT veille à ce que cette crise ne détériore pas les conditions de travail et le climat social patiemment construit au fil des années.
Jusqu’ici, tout va bien… 

Barman mais surtout délégué syndical CFDT, Robert Tran Van travaille dans cet établissement depuis le milieu des années 80. Incontournable, ce militant expérimenté veille sans relâche 
au respect des salariés, des conditions de travail et à la qualité du dialogue social. « J’ai également un rôle social auprès 
de certains collègues que j’accompagne dans leurs démarches administratives. 
Dans nos secteurs, beaucoup d’emplois sont faiblement rémunérés et les situations difficiles sont fréquentes. »
Barman mais surtout délégué syndical CFDT, Robert Tran Van travaille dans cet établissement depuis le milieu des années 80. Incontournable, ce militant expérimenté veille sans relâche au respect des salariés, des conditions de travail et à la qualité du dialogue social. « J’ai également un rôle social auprès de certains collègues que j’accompagne dans leurs démarches administratives. Dans nos secteurs, beaucoup d’emplois sont faiblement rémunérés et les situations difficiles sont fréquentes. »© Patrick Gherdoussi
Pour accueillir les rares clients, 
les salariés viennent travailler à tour de rôle. Jusqu’à présent, les emplois ne sont pas menacés et les plus petits salaires n’ont presque pas été impactés financièrement, mais tout le monde s’inquiète pour l’avenir.
Pour accueillir les rares clients, les salariés viennent travailler à tour de rôle. Jusqu’à présent, les emplois ne sont pas menacés et les plus petits salaires n’ont presque pas été impactés financièrement, mais tout le monde s’inquiète pour l’avenir.© Patrick Gherdoussi
L’obligation qu’ont les clients de se restaurer dans leur chambre demande davantage de travail au personnel de ménage.
L’obligation qu’ont les clients de se restaurer dans leur chambre demande davantage de travail au personnel de ménage.© Patrick Gherdoussi
Pour les jeunes en formation, la situation est anxiogène. L’une d’entre eux, en BTS hôtellerie-restauration, s’inquiète de ne pas pouvoir valider sa première année, même si ses collègues s’organisent pour lui transmettre 
les ficelles du métier.
Pour les jeunes en formation, la situation est anxiogène. L’une d’entre eux, en BTS hôtellerie-restauration, s’inquiète de ne pas pouvoir valider sa première année, même si ses collègues s’organisent pour lui transmettre les ficelles du métier.© Patrick Gherdoussi
Arrivé en 2018, Moïse Aykanat, le nouveau directeur, avoue avoir eu quelques tensions avec la CFDT au départ, avant que chacun 
trouve ses marques. Un apprentissage accéléré du dialogue social qui porte 
ses fruits aujourd’hui. « La direction est attentive à nos revendications », reconnaît sans fausse posture Robert Tran Van.
Arrivé en 2018, Moïse Aykanat, le nouveau directeur, avoue avoir eu quelques tensions avec la CFDT au départ, avant que chacun trouve ses marques. Un apprentissage accéléré du dialogue social qui porte ses fruits aujourd’hui. « La direction est attentive à nos revendications », reconnaît sans fausse posture Robert Tran Van.© Patrick Gherdoussi
Le service restaurant a dû revoir toute son organisation pour assurer les petits déjeuners et les repas en chambre.
Le service restaurant a dû revoir toute son organisation pour assurer les petits déjeuners et les repas en chambre.© Patrick Gherdoussi
Le chef de cuisine, Adel Dakkar, doit s’adapter et proposer aux clients des assiettes « comme au restaurant ». 
Il s’inquiète aujourd’hui de l’état psychologique de sa brigade, forcée de rester chez elle la plupart du temps. « La reprise risque d’être difficile pour certains car nos métiers demandent énormément d’efforts et les contraintes horaires sont importantes. »
Le chef de cuisine, Adel Dakkar, doit s’adapter et proposer aux clients des assiettes « comme au restaurant ». Il s’inquiète aujourd’hui de l’état psychologique de sa brigade, forcée de rester chez elle la plupart du temps. « La reprise risque d’être difficile pour certains car nos métiers demandent énormément d’efforts et les contraintes horaires sont importantes. »© Patrick Gherdoussi
Habituellement au service en salle, Manon s’occupe du room service ce jour-là. Une polyvalence réclamée par la direction pour limiter les frais de personnel dans la période. « Nous ne nous y opposons pas par principe mais nous veillons à éviter les abus, souligne le délégué syndical. C’est important de veiller au savoir-faire et à l’identité professionnelle des salariés. »
Habituellement au service en salle, Manon s’occupe du room service ce jour-là. Une polyvalence réclamée par la direction pour limiter les frais de personnel dans la période. « Nous ne nous y opposons pas par principe mais nous veillons à éviter les abus, souligne le délégué syndical. C’est important de veiller au savoir-faire et à l’identité professionnelle des salariés. »© Patrick Gherdoussi
Responsable du petit déjeuner, Béatrice se lève à 3 h 30 du matin pour prendre son service 
une heure après. Si la période permet de ralentir le rythme, pour cette jeune femme dynamique, le contact avec la clientèle manque. « Dans ce métier, ce qu’on aime, c’est le service. »
Responsable du petit déjeuner, Béatrice se lève à 3 h 30 du matin pour prendre son service une heure après. Si la période permet de ralentir le rythme, pour cette jeune femme dynamique, le contact avec la clientèle manque. « Dans ce métier, ce qu’on aime, c’est le service. »© Patrick Gherdoussi