Le patronat des HCR prive 720 000 salariés d’une avancée majeure en matière de protection sociale

iconeExtrait de l’hebdo n°3838

Par Fabrice Dedieu— Publié le 09/08/2022 à 10h34 et mis à jour le 24/08/2022 à 09h14

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© Stéphane Audras/RÉA

Ce devait être une avancée majeure pour les salariés de la branche des hôtels-cafés-restaurants (HCR). Le 28 juin, la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC signaient un accord de branche pour refonder le régime conventionnel de santé après deux ans de négociations, et renforcer les garanties et services proposés aux salariés. Ces derniers n’en verront jamais la couleur : deux organisations patronales, l’Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), première organisation patronale du secteur, et le GNC (Groupement national des chaînes hôtelières), ont décidé le 3 août de s’opposer à l’accord. En réaction, le GNI (Groupement national des indépendants) et le SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale), les deux syndicats patronaux signataires, ont dénoncé l’accord « à regret ».

Dans un communiqué, la Fédération CFDT des Services a fait part de sa stupéfaction et de son incompréhension face à la décision de l’Umih et du GNC. « La CFDT s’interroge sur les motifs évoqués par les deux organisations patronales qui se sont opposées. […] Contrairement à ce qui a été avancé, il était juste et équilibré et non contraignant pour les entreprises qui avaient la possibilité de faire appel à l’assureur de leur choix », indique la fédération. « La CFDT déplore que la branche soit encore dirigée par les grands groupes qui ne produisent aucun dialogue social de branche et préfèrent négocier a minima afin d’être plus compétitifs que les TPE-PME de la branche des HCR  », ajoute-t-elle, évoquant une « opposition qui va à l’encontre de l’intérêt des salariés de la branche et apparaît comme l’instrument d’une stratégie visant à paralyser le dialogue social ».