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Fusion PSA-Fiat Chrysler Automobiles : réussir le volet social

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iconeExtrait de l’hebdo n°3760

« C’est le volet social et éthique qui permettra de dire, dans quelques années, si la fusion est une réussite. » Déléguée syndicale centrale du groupe PSA, Christine Virassamy résume d’une phrase le positionnement de la CFDT : accord sur cette opération mais extrême vigilance sur les conséquences d’un tel rapprochement.

Par Jérôme Citron— Publié le 14/01/2021 à 11h20

Le nouveau groupe, Stellantis, va faire travailler au total 400 000 salariés.
Le nouveau groupe, Stellantis, va faire travailler au total 400 000 salariés.© Andre M.Chang ZUMAPress ZUMA Réa

La fusion des constructeurs français et italo-américain soulève autant d’espoirs et d’enthousiasme que d’inquiétudes. Le nouveau groupe, Stellantis, doit devenir le quatrième constructeur automobile mondial. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : huit millions de véhicules vendus chaque année, quatorze marques emblématiques en portefeuille (de Peugeot à Fiat en passant par Opel, Citroën, Chrysler, Jeep ou Maserati) et 400 000 salariés à travers le monde.

« Notre principal objectif dans la période est d’obtenir des engagements d’activité tant en production qu’en R&D pour chacun des sites sur trois ans. »

Christine Virassamy. DSC CFDT du groupe PSA

D’un point de vue économique, rarement opération n’est apparue aussi consensuelle. Les deux groupes ont des marchés complémentaires et espèrent que cette fusion permette de faire face aux investissements colossaux que va nécessiter dans les années à venir la transition vers des véhicules moins polluants.

Priorité : maintenir l’activité

La dimension sociale du rapprochement, en revanche, suscite des inquiétudes. Promesse a été faite qu’aucun site industriel ne serait fermé en Europe… mais toute fusion produit nécessairement des doublons. Les sites français tournent actuellement à plein régime, contrairement aux sites italiens ; les élus du personnel craignent donc que l’on déshabille Pierre pour habiller Paul… « Notre principal objectif dans la période est d’obtenir des engagements d’activité tant en production qu’en recherche & développement pour chacun des sites sur trois ans afin d’y voir plus clair, souligne Christine Virassamy. Nous avions obtenu cet engagement chez PSA en 2016 dans le cadre de l’accord de compétitivité mais depuis, novembre 2020, nous n’avons plus cette vision du plan à moyen terme, ce qui nous inquiète. » Sans oublier la nécessité d’améliorer les conditions de travail dans les usines impactées ces dernières années par des plans successifs d’optimisation de la productivité.