Enseignant en activité physique adaptée : À fond la forme !

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© Cyril Badet

iconeExtrait du magazine n°486

Améliorer la qualité de vie et le bien-être des résidents de l’Ehpad de Quingey (Doubs) fait partie des priorités d’Émeline Pedro, enseignante en activité physique adaptée (EAPA). 

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 30/09/2022 à 09h00

L’EAPA intervient quotidiennement auprès de personnes âgées ou en situation de handicap dont les carences physiques, psychologiques ou sociales influent sur leur état de santé. Grâce à la pratique sportive et sur prescription médicale, elle contribue à maintenir ou à améliorer les capacités physiques et à développer la mobilité des résidents, favorisant ainsi leur autonomie. « Les EAPA sont un maillon essentiel de la chaîne de soins. Ils sont reconnus des équipes soignantes et accompagnantes. Ils sont très appréciés des usagers », insiste Sylvain Roth dit Bettoni, le secrétaire de la section CFDT.

Oui, mais voilà… « Notre profession n’est pas reconnue. On nous met dans des cases qui ne correspondent pas à nos qualifications », regrette Émeline. Dans la fonction publique hospitalière, il n’existe en effet ni grade ni grille de salaires. Ces professionnels sont souvent contractuels et exposés à la précarité. Dans le secteur privé, il n’existe pas non plus de grille de classifications ou de qualifications. « Certains sont embauchés sur la grille d’éducateurs spécialisés, d’autres sur celle des kinés ou d’animateurs, en fonction du lieu d’exercice. Avec, à la clé, des inégalités salariales ou d’évolution de carrière », déplore Émeline, qui aimerait que son métier soit reconnu au sein de la fonction publique hospitalière.

À Quingey, Sylvain Roth dit Bettoni, Émeline Pedro, enseignante en activité physique adaptée et adhérente CFDT, et Christelle Caillet, secrétaire générale du Syndicat Santé-Sociaux du Doubs, veulent faire reconnaître le métier d’EAPA. Dans le cadre du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière, la CFDT-Santé-Sociaux a obtenu, le 25 mai, la création d’une fiche métier. Cette étape permettra, dans un second temps, l’ouverture d’un chantier sur les rémunérations.
À Quingey, Sylvain Roth dit Bettoni, Émeline Pedro, enseignante en activité physique adaptée et adhérente CFDT, et Christelle Caillet, secrétaire générale du Syndicat Santé-Sociaux du Doubs, veulent faire reconnaître le métier d’EAPA. Dans le cadre du conseil supérieur de la fonction publique hospitalière, la CFDT-Santé-Sociaux a obtenu, le 25 mai, la création d’une fiche métier. Cette étape permettra, dans un second temps, l’ouverture d’un chantier sur les rémunérations.© Cyril Badet
Émeline Pedro travaille au sein de l’établissement depuis seize ans. Pour devenir EAPA, elle a suivi un cursus universitaire : une licence sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), avant de valider un master. Chaque année, 2 000 étudiants obtiennent une licence APA-Santé et 500 étudiants un master APA-Santé.
Émeline Pedro travaille au sein de l’établissement depuis seize ans. Pour devenir EAPA, elle a suivi un cursus universitaire : une licence sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), avant de valider un master. Chaque année, 2 000 étudiants obtiennent une licence APA-Santé et 500 étudiants un master APA-Santé.© Cyril Badet
En lien avec les animatrices, Émeline prépare la séance de travail des résidents qu’elle suit. Elles évaluent les attentes et les besoins de chacun d’entre eux afin de leur garantir un accompagnement sur mesure. Émeline fait aussi le point quotidiennement avec les infirmières pour s’assurer de la capacité des résidents à participer aux ateliers qu’elle propose.
En lien avec les animatrices, Émeline prépare la séance de travail des résidents qu’elle suit. Elles évaluent les attentes et les besoins de chacun d’entre eux afin de leur garantir un accompagnement sur mesure. Émeline fait aussi le point quotidiennement avec les infirmières pour s’assurer de la capacité des résidents à participer aux ateliers qu’elle propose.© Cyril Badet
Tous les matins, Émeline reçoit plusieurs résidents pour des séances individualisées. Serge, 74 ans, effectue trente minutes de vélo, de la « boxe » et un exercice de lancer de ballon. « Ça nous fait bouger, ça nous oblige à nous concentrer. On se sent bien physiquement et moralement après la séance. »
Tous les matins, Émeline reçoit plusieurs résidents pour des séances individualisées. Serge, 74 ans, effectue trente minutes de vélo, de la « boxe » et un exercice de lancer de ballon. « Ça nous fait bouger, ça nous oblige à nous concentrer. On se sent bien physiquement et moralement après la séance. »© Cyril Badet
Tous les matins, Émeline reçoit plusieurs résidents pour des séances individualisées. Serge, 74 ans, effectue trente minutes de vélo, de la « boxe » et un exercice de lancer de ballon. « Ça nous fait bouger, ça nous oblige à nous concentrer. On se sent bien physiquement et moralement après la séance. »
Tous les matins, Émeline reçoit plusieurs résidents pour des séances individualisées. Serge, 74 ans, effectue trente minutes de vélo, de la « boxe » et un exercice de lancer de ballon. « Ça nous fait bouger, ça nous oblige à nous concentrer. On se sent bien physiquement et moralement après la séance. »© Cyril Badet
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© Cyril Badet
« Je suis presque prête pour le Tour de France », plaisante Monique, 85 ans, ancienne employée de l’horloger LIP… et à son actif trente ans sur les marchés du département du Doubs. Deux fois par semaine, elle pédale au minimum cinq kilomètres.
« Je suis presque prête pour le Tour de France », plaisante Monique, 85 ans, ancienne employée de l’horloger LIP… et à son actif trente ans sur les marchés du département du Doubs. Deux fois par semaine, elle pédale au minimum cinq kilomètres.© Cyril Badet
Pendant que Christophe, Daniel Balavoine ou France Gall se succèdent à la radio, une résidente enchaîne les allers-retours dans un « couloir de marche ». Elle travaille son équilibre et ses « gestes de transfert », qui vont lui faciliter la vie au quotidien : s’asseoir sur le bord du lit, se lever d’une chaise ou encore prendre une douche.
Pendant que Christophe, Daniel Balavoine ou France Gall se succèdent à la radio, une résidente enchaîne les allers-retours dans un « couloir de marche ». Elle travaille son équilibre et ses « gestes de transfert », qui vont lui faciliter la vie au quotidien : s’asseoir sur le bord du lit, se lever d’une chaise ou encore prendre une douche.© Cyril Badet
Durant une heure, une dizaine de résidents se retrouvent dans la salle polyvalente de l’établissement pour une séance collective de gym douce.
Durant une heure, une dizaine de résidents se retrouvent dans la salle polyvalente de l’établissement pour une séance collective de gym douce.© Cyril Badet
Durant une heure, une dizaine de résidents se retrouvent dans la salle polyvalente de l’établissement pour une séance collective de gym douce.
Durant une heure, une dizaine de résidents se retrouvent dans la salle polyvalente de l’établissement pour une séance collective de gym douce.© Cyril Badet
Les participants multiplient les activités – ici lancer d’anneaux et franchissement d’obstacles – pour travailler la coordination des mouvements, les réflexes et l’équilibre. Afin de favoriser et d’encourager la pratique du sport, les résidents participent aussi à des compétitions interétablissements. Au menu : basket, fléchettes, quilles, golf… « En plus de l’émulation que cela crée pour chacun d’entre eux, ces événements favorisent les rencontres et le lien social. » Le 1er juin dernier, les résidents ont notamment participé aux journées paralympiques de Quingey.
Les participants multiplient les activités – ici lancer d’anneaux et franchissement d’obstacles – pour travailler la coordination des mouvements, les réflexes et l’équilibre. Afin de favoriser et d’encourager la pratique du sport, les résidents participent aussi à des compétitions interétablissements. Au menu : basket, fléchettes, quilles, golf… « En plus de l’émulation que cela crée pour chacun d’entre eux, ces événements favorisent les rencontres et le lien social. » Le 1er juin dernier, les résidents ont notamment participé aux journées paralympiques de Quingey.© Cyril Badet
Poutre, dôme, saut de puce… Françoise, 85 ans, enchaîne les exercices sur les agrès installés à l’extérieur. « Être dehors, sous le soleil, c’est ce que j’aime », confie-t-elle.
Poutre, dôme, saut de puce… Françoise, 85 ans, enchaîne les exercices sur les agrès installés à l’extérieur. « Être dehors, sous le soleil, c’est ce que j’aime », confie-t-elle.© Cyril Badet
La section syndicale veille aussi à la qualité de vie des résidents. Grâce à la responsable du pôle animation de l’Ehpad (une adhérente CFDT), l’établissement s’est doté d’un tricycle conçu pour accueillir un fauteuil roulant.
La section syndicale veille aussi à la qualité de vie des résidents. Grâce à la responsable du pôle animation de l’Ehpad (une adhérente CFDT), l’établissement s’est doté d’un tricycle conçu pour accueillir un fauteuil roulant.© Cyril Badet
Après avoir installé André, Émeline l’emmène pour une promenade le long de la Loue, la rivière qui traverse le village. Cette sortie enchante l’octogénaire : « Cela me rappelle le temps où j’allais pêcher », confie-t-il. Émeline est fière de son métier : « Toutes ces activités engendrent des bénéfices physiques et psychologiques pour les résidents. Ils sont bien dans leur tête. »
Après avoir installé André, Émeline l’emmène pour une promenade le long de la Loue, la rivière qui traverse le village. Cette sortie enchante l’octogénaire : « Cela me rappelle le temps où j’allais pêcher », confie-t-il. Émeline est fière de son métier : « Toutes ces activités engendrent des bénéfices physiques et psychologiques pour les résidents. Ils sont bien dans leur tête. »© Cyril Badet
À la fin de chaque séance – individuelle ou collective –, Émeline s’attelle à la partie administrative du métier. Elle fait un compte rendu quotidien de son activité, saisit sur ordinateur les actes et évalue chacun des participants. Elle assure un suivi individualisé et adapte le projet d’accompagnement, toujours en lien avec l’ensemble des intervenants.
À la fin de chaque séance – individuelle ou collective –, Émeline s’attelle à la partie administrative du métier. Elle fait un compte rendu quotidien de son activité, saisit sur ordinateur les actes et évalue chacun des participants. Elle assure un suivi individualisé et adapte le projet d’accompagnement, toujours en lien avec l’ensemble des intervenants.© Cyril Badet