En Polynésie, A Ti’a i Mua alerte sur la vie chère

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iconeExtrait de l’hebdo n°3817

“Polynésie morte”, c’était le mot d’ordre de l’appel à la grève de l’intersyndicale le 17 mars. Objectif de cette journée de mobilisation dans le privé et le public : faire entendre les inquiétudes des travailleurs de cette collectivité territoriale d’outre-mer concernant la vie chère et le financement de la protection sociale.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 29/03/2022 à 12h00 et mis à jour le 31/03/2022 à 10h19

Tu Yan dit Piko (ici en décembre 2000), secrétaire général d’A Ti’a I Mua.
Tu Yan dit Piko (ici en décembre 2000), secrétaire général d’A Ti’a I Mua.© FB Syndicat A Ti’a I Mua Éducation

La forte participation à la journée de mobilisation du 17 mars dernier – 2 700 personnes étaient présentes – témoigne du niveau de leurs préoccupations. « Pour sauver la caisse de prévoyance sociale1, le gouvernement a décidé la mise en place au 1er avril 2022 d’une taxe sur la consommation dite Contribution pour la solidarité [CPS] de 1 %2 sur toutes les factures injustement appelées par certains TVA sociale, détaille Tu Yan dit Piko, secrétaire général du syndicat polynésien A Ti’a i Mua, deuxième organisation syndicale sur le territoire et partenaire de la CFDT. Or, à la différence de la TVA, cette taxe n’est pas récupérable à chaque stade de vente mais s’accumule ; elle sera donc fortement inflationniste. Surtout, les revenus attendus de ces taxes pèseront essentiellement sur les plus petits revenus et sur les salariés. »

Une hausse des prix de 4,4 % en un an

Rappelons que ces salariés doivent déjà faire face à la hausse des prix de l’alimentation et des services dans un contexte de crise sanitaire et économique qui se prolonge. « C’est un “plan Marshall” de l’investissement pour relancer l’activité économique, fortement compromise aujourd’hui, qui est nécessaire dans le contexte de l’inflation importée par la crise, dont les effets se prolongeront bien au-delà de 2022 », s’inquiète l’intersyndicale. « Tout augmente, poursuit le secrétaire général d’A Ti’a i Mua. Et avec une inflation de 1,8 %, le pouvoir d’achat des Polynésiens est en berne. »

D’après l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), l’indice général des prix à la consommation a augmenté de 4,4 % entre février 2021 et février 2022, avec une hausse de 2 % du coût des produits alimentaires – pains et céréales (+ 1,1 %), viande (+ 2,9 %), fruits (+ 4,7 %), légumes (+ 11,3 %). Les transports n’échappent pas à cette hausse (+ 2,3 %). Enfin, l’eau, l’électricité et le gaz sont aussi impactés (+ 0,4 %). A Ti’a i Mua demande la suspension de la CPS (qui doit entrer en vigueur le 1er avril) au risque d’aggraver encore la cherté de la vie. La confédération syndicale polynésienne appelle également le gouvernement à évaluer les besoins de financement de la protection sociale et à ouvrir de véritables discussions. « Nous sommes prêts à nous mobiliser de nouveau ! », prévient Tu Yan dit Piko.