En grève le 10 mars, les douaniers demandent l’arrêt des réformes

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iconeExtrait de l’hebdo n°3814

Première force syndicale du secteur, la CFDT-Douane appelle à participer à la grève nationale du 10 mars pour dénoncer les incessantes restructurations au sein de l’administration, la modification du périmètre de leur mission et la suppression annoncée de près de 1 000 emplois.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 08/03/2022 à 13h00

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© Sébastien Calvet/RÉA

« Dégoûtés », « fatigués », « lassés » : les adjectifs de la CFDT-Douane ne manquent pas lorsqu’il s’agit de qualifier l’état d’esprit des 16 500 douaniers. « Il y a une grande colère, tous grades confondus, et un fort sentiment d’injustice », résume David-Olivier Caron, secrétaire général de la CFDT-Douane, qui participera à la grève nationale du 10 mars. La goutte qui a fait déborder le vase ? La suppression de la mission fiscale. Alors que l’on demande aujourd’hui aux douanes de lutter contre la fraude, contrôler les flux commerciaux (mission économique) mais aussi collecter et gérer les taxes (mission fiscale), la réforme à venir prévoit le transfert de cette dernière mission à la direction des finances publiques à l’horizon 2024. « C’est un coup dur. On nous retire l’un de nos trois piliers », déplore le secrétaire général.

“Nous ne sommes pas des faire-valoir”

Depuis le 1er mars, les agents ont multiplié les actions à l’échelon local pour dire leur ras-le-bol et mettre la pression sur le gouvernement et sur leur ministère de tutelle, celui de l’Économie, des Finances et de la Relance. À Bayonne, Bordeaux, Dunkerque, Châlons-en-Champagne, etc., « on a vu de l’orange partout !, s’exclame David-Olivier Caron. Nous demandons l’arrêt des réformes, et principalement celle du transfert des fiscalités, qui désorganise et déstructure le réseau avec la suppression de près d’un millier d’emplois. »

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

Cette réforme aura des conséquences sur la qualité du service public, prévient la CFDT-Douane. « Les rentrées fiscales de l’État seront moindres et les entreprises seront impactées par une hausse de la concurrence déloyale du fait de l’absence de contrôle. » Parmi les revendications de la CFDT-Douane, l’arrêt des expérimentations unilatérales de l’administration, qui détériorent les conditions de travail, et l’ouverture de concertations avec les représentants du personnel ou encore la revalorisation des indemnités liées à la technicité et aux qualifications des douaniers. « Nous ne sommes pas des faire-valoir tout juste bons à être pris en photo dans la presse pendant que, dans notre dos, on démantèle nos missions », conclut David-Olivier Caron.