Drame de Brétigny-sur-Orge : “C’est le procès de tout un système”

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iconeExtrait de l’hebdo n°3822

Le 12 juillet 2013, le train Intercités Paris-Limoges déraillait en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), faisant sept morts et plus de 400 blessés. Le procès de l’une des plus grandes catastrophes ferroviaires de notre pays a débuté le 25 avril. La CFDT-Cheminots est partie civile et sera présente tout au long du procès.

Par Claire Nillus— Publié le 03/05/2022 à 12h00

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© Xinhua/Zuma/RÉA

« La CFDT-Cheminots accompagne les légitimes attentes des cheminots qui restent profondément marqués par ce drame. Les attentes de justice et de vérité sur les origines de cette catastrophe sont grandes », a-t-elle fait savoir dès l’ouverture du procès, le 25 avril dernier. Elle conteste la mise en accusation d’un seul agent – le cadre de proximité en poste à ce moment-là –, qui élude la responsabilité de tout un système. « Ce dramatique accident pose la question des politiques publiques et des moyens alloués au ferroviaire. La sécurité a toujours été une priorité absolue pour les cheminots. C’est le sens même de notre engagement. Afin d’y parvenir, il faut que des moyens adéquats et des conditions de travail correctes soient mis en place », estime Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT-Cheminots.

Des baisses d’effectifs continues

Au total, l’instruction du procès va passer au peigne fin une quinzaine d’accusations, mettant en cause des défaillances dans la maintenance du réseau, mais aussi le manque de moyens ou d’organisation. Elle devra aussi arbitrer la défense de la direction, laquelle argue d’un « défaut de métallurgie » de la pièce défectueuse ayant causé l’accident…

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

« Il est impossible de nier qu’il y avait des insuffisances et que des questions se posaient sur l’organisation au moment des faits, poursuit Thomas Cavel. Or, malgré les mesures de contrôle mises en place depuis 2013, les moyens actuels restent en deçà des besoins d’une entreprise comme la SNCF. » Auditionnée le 2 juin prochain, la CFDT-Cheminots exprimera son soutien aux victimes et aux cheminots. Elle portera la voie du ferroviaire, pour les cheminots qui le font et les usagers qui l’utilisent. Et dira l’absolue nécessité de revoir à la hausse les budgets publics consacrés à l’entretien du réseau. « Actuellement, 2,9 milliards sont fléchés vers la maintenance du réseau. Un rapport parlementaire estime qu’il en faudrait 3,8… Nous voulons que ce procès soit l’occasion de mettre en évidence ces manques et qu’il permette d’aborder la question des conditions de travail dégradées des agents dans un contexte de réorganisations incessantes et de baisse continue des effectifs. » Le procès doit durer huit semaines.