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Deux ans après sa création, le Pacte du pouvoir de vivre s’offre un nouvel élan

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iconeExtrait de l’hebdo n°3770

La crise sanitaire et la nette augmentation du nombre d’organisations impliquées nécessitent de repenser le contenu et la stratégie de cette alliance unique en son genre. Dans les territoires, les groupes locaux aussi cherchent leur voie de passage et multiplient les initiatives.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 22/03/2021 à 10h12

Dans les locaux de la Confédération, la CFDT et dix-huit partenaires lançaient, le 5 mars 2019, le Pacte du pouvoir de vivre…
Dans les locaux de la Confédération, la CFDT et dix-huit partenaires lançaient, le 5 mars 2019, le Pacte du pouvoir de vivre…© InfoCom CFDT

De la volonté de 19 organisations de porter de front les questions sociales et environnementales naissait, le 5 mars 2019, le Pacte du pouvoir de vivre. Deux ans plus tard, ce « programme politique non partisan » regroupant 66 propositions s’est étoffé à tous points de vue, rendant nécessaire une redéfinition stratégique, résume Christophe Dague, secrétaire confédéral chargé du dossier. « Cette refonte est liée à la crise sanitaire, sociale, économique et démocratique que nous traversons, mais également à la structuration même du Pacte, qui est passé de 19 à 63 organisations, avec une trentaine de groupes locaux. »

Cette consolidation du collectif vise ces objectifs : s’adapter au contexte actuel en affinant les propositions de manière à coller le plus possible aux réalités des citoyens ; faire du Pacte une référence vis-à-vis de laquelle les politiques devront se positionner, notamment dans le cadre de la prochaine élection présidentielle.

Quatre groupes de travail

Dans cette optique, quatre groupes de travail ont été mis en place à la fin 2020, chacun rassemblant plusieurs partenaires du collectif, avec l’objectif d’identifier quelques propositions phares. Leurs conclusions, attendues dès la deuxième quinzaine d’avril, doivent aboutir d'ici l'été à la construction d’une « stratégie de rentrée » – avec d’une part un document mis à jour regroupant l’ensemble des propositions du Pacte nouvelle formule, d’autre part, un condensé auquel le grand public pourrait s’identifier.

Du plaidoyer à l’expérimentation, les mille et une formes du Pacte

Dans les territoires aussi, les choses bougent. Certes, « la crise a mis un coup de frein aux ambitions initiales, beaucoup d’organisations étant prises par l’urgence », reconnaît Morgane Cantrelle, qui coordonne les groupes locaux du Pacte. Mais à mesure que cette crise sanitaire s’amplifie, la conservation du lien social et l’affirmation des solidarités apparaissent de plus en plus prégnantes.

Certains groupes locaux verront ainsi dans le « plaidoyer politique » auprès des élus (à la suite de l’interpellation des préfets) la meilleure porte d’entrée compte tenu de leur réalité territoriale, à l’image du comité de suivi de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté mis en place dans les Hauts-de-France, et dans lequel le Pacte est très présent. D’autres iront sur le terrain de l’expérimentation, comme à Concarneau (Finistère), où le Pacte fût à l’origine de la création, dès l’été 2019, de l’association Concarnagglo-Territoire zéro chômeur de longue durée.

“Il existe mille et une manières de s’inscrire dans la dynamique du Pacte…”

Morgane Cantrelle, coordinatrice des groupes locaux du Pacte du pouvoir de vivre

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef-adjointe de Syndicalisme Hebdo

« Il existe mille et une manières de s’inscrire dans la dynamique du Pacte », résume Morgane Cantrelle, alors qu’avec la crise semblent se multiplier les initiatives auprès des publics précaires. Afin de lutter contre la précarité menstruelle (qui touche 1,7 million de femmes en France), quelques 1 400 kits de protections périodiques financés par la CFDT du Finistère à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes sont distribués tout au long du mois de mars dans les centres sociaux et épiceries solidaires du territoire, en partenariat avec d’autres signataires du Pacte du pouvoir de vivre. Très impliquée, la CFDT souhaite également porter ce sujet dans les entreprises et les administrations en revendiquant un accès gratuit à ces protections (sans lesquelles 12 % des femmes se trouvent aujourd’hui empêchées de sortir de chez elles ou d’aller travailler). « C’est aussi ça, lutter contre les inégalités : permettre aux femmes de vivre dignement, tout simplement ! », plaide un militant CFDT local présent lors de l’opération.