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iconeExtrait du magazine n°488

À un mois des élections professionnelles, les élues CFDT de Sarcelles multiplient les tournées de services pour échanger avec l’ensemble de leurs collègues. Un travail de proximité qui permet de mieux comprendre les attentes des agents. Reportage.

Par Fabrice Dedieu— Publié le 02/12/2022 à 10h01

Florise Castard et Malika Salmi, militantes CFDT à la rencontre des Atsem de Saint-Exupéry, à Sarcelles, dans le Val-D'Oise.
Florise Castard et Malika Salmi, militantes CFDT à la rencontre des Atsem de Saint-Exupéry, à Sarcelles, dans le Val-D'Oise.© Emmanuelle Marchadour

« Bonjour ! Comment ça va ? » En traversant le couloir du deuxième étage de la mairie de Sarcelles (Val-d’Oise), située en plein milieu d’un quartier tout en tours et en barres, Florise Castard distribue les bonjours, prend des nouvelles des uns et des autres avant de rejoindre le local CFDT. Voilà trente et un ans qu’elle est agente municipale et, depuis 2019, responsable de la section CFDT. « Je me trouve plus utile ici, sourit-elle. J’ai vu comment le syndicat a pu m’aider, c’est pour ça que je me suis engagée. »

“ Des négociations ont été ouvertes avec la hiérarchie. Nous avons pu discuter de la pénibilité de votre métier, ce dont la direction n’avait pas bien conscience.”

Florise Castard, responsable de la section CFDT et agente municipale à Sarcelles.

Pour cette militante à l’énergie communicative, renforcer la proximité avec les salariés a tout de suite été une priorité quand elle s’est retrouvée à la tête de la section. Son adjointe, Malika Salmi, et elle forment un duo désormais bien connu des quelque 2 000 agents de Sarcelles. « On essaye de ne pas oublier les services municipaux les plus excentrés, de “nommer” un représentant CFDT dans chaque secteur pour faire remonter les problèmes et d’aller souvent à la rencontre des collègues, détaille Malika. Au fil du temps, un lien de confiance s’est tissé. À présent, les agents nous appellent pour que l’on puisse les aider lorsqu’ils rencontrent des problèmes. »

« On a été entendues »

Ce matin de la fin octobre, les deux militantes vont à la rencontre des Atsem1du groupe scolaire Saint-Exupéry pour une réunion d’information. Elles retrouvent sur place Alexandra, une nouvelle adhérente, ainsi que Betty, Nezha, Fatima, Corinne et Lilyane.

Le 6 octobre dernier, ces Atsem étaient appelées à faire grève (tout comme le personnel des crèches) pour demander une meilleure reconnaissance de leur métier. Florise et Malika les informent des suites de ce mouvement : « Des négociations ont été ouvertes avec la hiérarchie. Nous avons pu discuter de la pénibilité de votre métier, ce dont la direction n’avait pas bien conscience. Nous aurons d’autres réunions début novembre », explique Florise. 

École maternelle Saint-Exupéry. 
Florise et Malika (en chasuble orange à droite sur la photo) ont organisé une réunion d’information. 
Lilyane, Corinne, Betty, Alexandra, Nezha et Fatima, toutes Atsem, voudraient davantage de moyens 
et plus de reconnaissance.
École maternelle Saint-Exupéry. Florise et Malika (en chasuble orange à droite sur la photo) ont organisé une réunion d’information. Lilyane, Corinne, Betty, Alexandra, Nezha et Fatima, toutes Atsem, voudraient davantage de moyens et plus de reconnaissance.© Emmanuelle Marchadour

La discussion se poursuit sur la Gipa, l’indemnité de garantie individuelle du pouvoir d’achat, un dispositif pour celles et ceux dont le traitement n’a pas évolué aussi vite que l’inflation. « Je pense que je n’y ai pas droit », lance une des Atsem, désabusée. « Essaye quand même. Il y a un simulateur en ligne, il te dira si tu y as droit », lui répond Malika.

La conversation tourne rapidement autour des conditions de travail. Un ras-le-bol se fait sentir. « On pallie les manques de l’Éducation nationale, lance Alexandra. Par exemple, l’accompagnement d’un enfant handicapé nous revient bien souvent par manque d’AESH1, recrutés par l’Éducation nationale. C’est frustrant de se dire que l’on n’a pas les moyens humains pour bien prendre en charge cet enfant. »

Les agentes espèrent une meilleure reconnaissance salariale mais pas seulement. « On est un peu les oubliées de la mairie », soupire Corinne. « Avant, on avait des réunions tous ensemble, ce n’est plus le cas. » « Avec la grève, on a été entendues. Nous sommes sur de bonnes bases pour que les choses changent », répondent Malika et Florise.

« Il n’y a que la CFDT qui vient nous voir »

La tournée des deux militantes CFDT se poursuit à la crèche collective municipale, située à quelques centaines de mètres du groupe scolaire. La demi-douzaine de professionnelles présentes prend place dans la salle de pause et écoute les explications concernant les futures élections professionnelles dans la fonction publique. « Vous pourrez voter toute la journée du 8 décembre. Cette élection permet d’élire celles et ceux qui vont vous représenter, c’est important ! », lance Florise. Un point est fait sur les nouvelles instances qui se mettront en place : « Le futur CST [comité social territorial] pourra traiter de vos conditions de travail. Par exemple, quand des travaux peuvent présenter un danger, on peut provoquer une réunion, et on peut le faire en urgence », insiste Malika. Qualité de l’eau du robinet, travaux de rénovation qui ne se font pas, services RH qui restent aux abonnés absents…

Les agentes détaillent les problèmes rencontrés : « Il n’y a que vous, CFDT, qui venez nous voir ici », lance l’une d’elles à la fin de l’échange. 

Retour au local syndical. Les listes de candidats CFDT pour les futures instances ont été validées, à la grande satisfaction de Florise. « On a essayé de faire des listes homogènes pour que tout le monde soit représenté. » La campagne électorale va s’intensifier dans les prochains jours, la date du scrutin approche. « On va continuer à faire du terrain pour convaincre et présenter les candidats CFDT. On a des arguments : les chantiers que l’on a commencés et ce que l’on souhaite mettre en place durant les prochaines années, comme la prise en charge de la mutuelle. » Les militantes sont déterminées, l’objectif est clair : passer de la deuxième à la première place.

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© CFDT InfoCom

Aux urnes !

Les 5,6 millions d’agents de l’État, des collectivités territoriales et de la fonction publique hospitalière ont jusqu’au 8 décembre pour élire leurs représentants, qui siégeront dans les différentes instances représentatives du personnel. Lors des précédentes élections, en 2018, la CFDT était arrivée en deuxième position (19 %), derrière la CGT (21,8 %) mais devant FO (18,1 %). Alors, n’oublions pas : « Votez et faites voter CFDT ! »