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Covid-19 : Une poursuite d’activité bien négociée chez STMicroelectronics abonné

Chez STMicroelectronics, le confinement avait été anticipé pour que les usines ne soient pas à l’arrêt. Les organisations syndicales ont pu mener rapidement une négociation et signer deux accords, l’un sur la sécurité, l’autre sur les rémunérations.

Par Jérôme Citron— Publié le 10/04/2020 à 06h49 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

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Covid WebAlors que l’industrie est à la peine avec un nombre considérable d’usines à l’arrêt, le groupe franco-italien fait un peu figure d’exception depuis le début du confinement. Que ce soit à Crolles (Isère, 4 000 salariés), Rousset (Bouches-du-Rhône, 2 500 salariés) ou Tours (Indre-et-Loire, 1 600 salariés), l’activité se poursuit grâce à un dialogue social efficace. « Dès le vendredi qui a précédé le confinement, nous nous sommes mis d’accord avec la direction sur les principales mesures à prendre en matière de sécurité dans tous les établissements, explique Éric Potard, délégué syndical central CFDT. Un accord a été signé dès le 18 mars. »

Des mesures de protection

L’ensemble des salariés qui pouvaient télétravailler a ainsi été appelé à se confiner. Dans un premier temps, la direction voulait organiser un roulement pour qu’une partie soit sur le site, mais elle s’est rapidement rangée à l’avis des élus du personnel. À la production, il a été décidé de confiner tout le personnel à risque (personnes cardiaques, asthmatiques, etc.). L’entreprise a, il est vrai, une médecine du travail sur place dans les plus importantes usines, ce qui a facilité le repérage et la procédure. La direction s’est engagée à maintenir le salaire de ces personnes « mises en sécurité ». Enfin, pour les salariés qui doivent se rendre sur le lieu de travail, il a été prévu de diviser par deux la production afin de pouvoir respecter la distanciation sociale. « En fonction des usines, cette baisse de la production a un impact différent sur les effectifs, explique Éric Potard. Dans certains sites très automatisés, cela a moins d’impact sur l’emploi que dans d’autres où les équipes ont été divisées par deux. » Outre les règles de distanciation sociale, il est prévu la mise à disposition de gel hydroalcoolique et la prise de température à l’entrée des sites. Au moindre doute, les salariés sont invités à rentrer chez eux et toute personne ayant une température au-delà de 38 °C se voit catégoriquement interdite d’accès.

Afin de limiter les contacts, les salariés sont par ailleurs incités à venir travailler sans utiliser les transports en commun. La direction a accepté de prendre en charge ce coût. Les salariés seront remboursés en juin sous la forme d’indemnités kilométriques. Enfin, l’entreprise s’est engagée à ne pas avoir recours au chômage partiel. L’ensemble du personnel peut donc conserver son salaire, quelle que soit son activité. « Entre la mise en sécurité des personnes fragiles et les arrêts pour garde d’enfants, nous ne pouvons pas dire que nous sommes en sureffectif de toute façon, souligne Éric Potard. Dans certains cas, il est possible que des salariés fassent moins d’heures, mais ce n’est pas significatif. »

Une approche syndicale différente

La négociation a montré une ligne de fracture…

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