“Concrétiser les promesses faites aux salariés de la deuxième ligne”

iconeExtrait du magazine n°477

La CFDT pousse pour que les négociations s’ouvrent au niveau des branches, afin que les promesses faites aux salariés de la deuxième ligne deviennent réalité. Les revendications portent sur les rémunérations mais aussi sur les conditions de travail et la reconnaissance des compétences.

Par Fabrice Dedieu— Publié le 02/11/2021 à 09h03

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Où en est-on dans les négociations pour la reconnaissance des salariés dits de la deuxième ligne ?

Ça dépend des branches. C’est ce que nous avons exposé à la ministre du Travail, qui nous a reçus le 11 octobre. Il y en a quelques-unes où des discussions sont en cours et beaucoup d’autres où ça n’avance pas, comme dans l’agroalimentaire. La Fédération générale de l’Agroalimentaire (CFDT-FGA) a envoyé des courriers aux organisations patronales pour ouvrir des négociations sur les salaires, les conditions de travail, les parcours professionnels et les compétences des salariés. Pour le moment, les premières réponses obtenues ne sont

pas concluantes, et même hostiles parfois. Dans certaines branches, comme dans la prévention-sécurité, il ne se passe pas grand-chose : la reconnaissance des salariés n’est pas abordée, et les organisations patronales ne veulent pas augmenter les tarifs. La renégociation des classifications, qui devrait conduire

à une augmentation des salaires de 10 %, ne prendra pas effet avant 2023. Dans le bâtiment, un conflit entre les organisations patronales bloque toute négociation, et les salariés commencent à s’impatienter. Des promesses ont été faites après les confinements aux travailleurs de la deuxième ligne : il faut les concrétiser. Mais aujourd’hui, il n’y a plus personne.

Quels sont les secteurs les plus concernés ?

Ils sont multiples : de très nombreuses branches de l’agroalimentaire ; les salariés des laboratoires d’analyses médicales extrahospitaliers ; les pharmacies d’officine ; le secteur de la protection de l’enfance et des personnes vulnérables ; le commerce à prédominance alimentaire ; le bâtiment ; les travaux publics ; des agents de la fonction publique territoriale ; le funéraire non concédé, la propreté…

Au total, le ministère du Travail se concentre actuellement sur 57 secteurs qui emploient chacun plus de 5 000 salariés et dont des niveaux de classifications sont inférieurs au Smic.

Quelles sont les marges de manœuvre pour pousser à la négociation ?

À propos de l'auteur

Fabrice Dedieu
Journaliste

Le gouvernement peut faire pression sur les organisations patronales pour qu’elles ouvrent des négociations. L’État peut aussi mettre en place la conditionnalité des aides publiques, ce que l’on demande. Il peut aussi œuvrer pour la mise en place des critères environnementaux et sociaux lors des commandes publiques et ne pas chercher à retenir le prestataire le moins cher, au détriment des salariés. Enfin, il reste la mobilisation syndicale et l’action des salariés pour faire pression sur l’employeur.