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Chez Primark, une équipe CFDT à l’écoute des salariés

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icone Extrait de l'hebdo n°4024

Les militantes et militants CFDT des magasins Primark cultivent la proximité. Chaque mois, ils visitent près d’une dizaine de magasins pour rencontrer les salariés. Une stratégie payante.

Par Fabrice Dedieu Publié le 21/07/2026 à 12h00

De gauche à droite : Nouha, Sabah, Indira, Majdi, Marie-Noëlle et Fortuné.
De gauche à droite : Nouha, Sabah, Indira, Majdi, Marie-Noëlle et Fortuné.© Syndheb

En ce vendredi de la fin mai, quatre militantes et militants CFDT se retrouvent devant le rideau métallique du magasin Primark de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine / Île-de-France), quelques minutes avant l’ouverture. Nouha Camara, délégué syndical central, accompagné de Marie-Noëlle Kouadio, Majdi Ben Chaabane, tous élus au CSE national, et de Sabah Ayache, déléguée syndicale, sont là pour visiter le magasin. Cordons orange CFDT autour du cou, les militants passent le rideau et entrent dans le magasin. À l’intérieur, les salariés s’activent déjà depuis quelques heures afin de tout mettre en place et d’accueillir les premiers clients, qui patientent déjà à l’extérieur.

Des pistes d’améliorations

Ce jour-là, la chaleur se trouve au cœur des préoccupations, alors que la première canicule de l’année frappe le pays. « La climatisation en été, c’est compliqué », explique une salariée ; « c’est le deuxième été que je fais ici, il fait chaud ». Même remarque d’une salariée responsable des cabines d’essayage : « Il y a des ventilateurs mais ce n’est pas suffisant. » « C’est un problème que l’on fait remonter », assurent Nouha et Sabah, qui constatent que des rafraîchisseurs ont pourtant été installés dans le magasin pour faire face à la climatisation aléatoire du centre commercial où est logé le magasin. « Si vous rencontrez des problèmes, des représentants CFDT sont sur place dans le magasin, il ne faut pas hésiter à aller les voir ! »

Plus loin, dans un rayon, les militants abordent une autre salariée, qui a dix années d’ancienneté. « Qu’est-ce que l’on peut améliorer ? », questionnent Nouha et Sabah. « Les salaires ! J’aime mon travail mais on manque de reconnaissance. » À proximité des caisses, l’équipe rencontre un salarié en alternance. « Ça va, j’ai un bon suivi de formation. Au niveau du matos, on nous a changé les casques, ça va mieux », explique-t-il. « Il ne faut vraiment pas hésiter à faire des déclarations de matériel défaillant », lui conseillent les militants.

Après une heure et demie passée à visiter tous les recoins du magasin, de l’entrée (où sont présents des agents de sécurité prestataires) à la réserve, l’équipe CFDT – entre-temps étoffée par l’arrivée de Fortuné Abiona, élu au CSE, et Indira Freitas, représentante de proximité du magasin de Villeneuve-la-Garenne – fait le bilan. Selon Marie-Noëlle, il est « assez positif ». « Il y a eu des changements, constate Fortuné. Quand il y a des remontés, la direction n’attend pas pour agir. » Indira confirme : « Depuis que la direction du magasin a changé, quand on a des demandes, le lendemain, c’est fait. On a réclamé que soit changé le canapé de la salle de pause, la commande a été faite rapidement. » « La direction n’a pas trop le choix, tempère Nouha, sinon on lui tombe dessus ! » Il ajoute : « Il y a du bon car, avant, il n’y avait pas de rafraîchisseur, mais on garde l’œil ouvert puisque la priorité pour nous, ça reste la chaleur. Et aussi que le magasin ferme à l’heure… » De fait, des clients sont trop souvent admis tardivement dans le magasin, ce qui fait que les salariés ne peuvent pas terminer leur journée à l’heure prévue, soit 20 h 50. « Nous devons rester vigilants », souligne le délégué syndical central. C’est tout l’intérêt des visites de magasins.

“Être continuellement présents”

« Nous essayons de visiter sept ou huit magasins par mois, et de passer deux ou trois fois dans un magasin chaque année », explique Nouha. Dans la mesure où il n’existe désormais plus qu’un seul CSE national, « nous pouvons nous rendre partout car nous sommes des élus nationaux. C’est pratique, ça permet de se rendre dans les magasins plus souvent ». Ces visites sont d’ailleurs la pierre angulaire de l’action des militantes et militants CFDT. « Elles sont primordiales, ces visites. Il faut se bouger. Le terrain, ça marche ! », ajoute Sabah. Nouha abonde : « Nous avons un fort taux de développement, et la moyenne d’âge des membres de la section est peu élevée. Ce qui aide, c’est d’être présent continuellement. “On ne voit que vous”, nous disent les salariés. Ils ont confiance en nous, et ça, c’est dû à une présence en continu et aussi à notre communication sur les réseaux, avec nos pages Facebook et Instagram, où l’on parle des négociations, et à notre disponibilité avec une boîte mail grâce à laquelle ils peuvent poser leurs questions. »

À propos de l'auteur

Fabrice Dedieu
Journaliste

Les salariés sont reconnaissants du travail syndical accompli. À l’issue des élections d’octobre 2025, la CFDT a gagné en représentativité, est passée de 25 % à 34 % et a fait tomber la CFTC sous la barre des 50 %. « Ça conforte tout ce qu’on a fait. On a transpiré, la direction a été dure », se rappelle Nouha. Et de conclure, avec le sourire : « Je sais d’où on vient ; ce n’était pas facile, mais on y est arrivé ! » Prochain objectif : devenir l’organisation syndicale majoritaire à l’issue des élections de 2029.